« Une fracture sociale se creuse dont l’ensemble de la Nation supporte la charge. La « machine France » ne fonctionne plus. Elle ne fonctionne plus pour tous les Français. » (discours fondateur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac, 17 février 1995).

Depuis la situation s’est objectivement dégradée en matière de fracture sociale et tout ou presque devient prétexte à l’affrontement sur les plateaux de télévision, les réseaux sociaux et de plus en plus dans l’espace public.

« J’existe donc j’ai raison et si tu l’ouvres, je te la ferme ». Au diable la nuance… 

Voici à titre exemples quelques sujets qui risquent de déchirer ce qui reste de cohésion sociale ; autant de conflictualités à venir :

  • L’accueil et l’intégration des minorités, des émigrés
  • Le partage et l’usage des biens communs (air, eau, foncier, ..)
  • Des choix d’aménagement (implantations d’industries, de prisons, d’éoliennes, de bassines, de golfs, ..)
  • Des mesures concrètes permettant de réduire notre empreinte carbone et la perte de biodiversité
  • Les libertés individuelles et collectives d’une manière générale (droit de grève, de manifester, de s’habiller, de circuler, de ne pas être scruter par un arsenal de caméras intrusives, de ne pas être d’accord avec un énième 49.3)

3 scénarios à déjouer d’urgence

Dans de nombreux pays, nous assistons ainsi à la réalisation de 3 scénarios cumulatifs :

  • L’explosion sociale : Multiplication et intensification des conflits d’intérêt
  • L’implosion : La tendance à s’isoler, à vivre en communauté, à se bunkériser
  • Le durcissement démocratique : Même les manifestations pacifiques pour sauver ce qui reste du peuple palestinien sont désormais interdites

Le diagnostic de cette difficulté croissante à vivre ensemble :

Quatre causes semblent jouer à plein :

  • L’injonction/injection à accoutumance des algorithmes
  • Les appels à l’hystérie d’une partie des élites et influenceurs
  • La montée des peurs et des anxiétés
  • Le culte de l’individualisme

La dictature des algorithmes

Question : Que fera selon vous un individu bien inséré socialement mais qui connait ponctuellement une réelle difficulté ?

Vous connaissez déjà la réponse : Il se confiera à ses proches mais jamais sur Toc toc (appelé Tik Tok par les dingos) ou fausse face (Facebook).

Malheureusement en matière de relations, la quantité a remplacé la qualité et nous nous retrouvons de plus en plus seuls à dialoguer avec des interfaces, des applications et des avatars.

Pire, pour renforcer leur caractère addictif, les algorithmes privilégient le sensationnel, l’émotionnel, le superficiel.

Au final, ses soi-disant réseaux sociaux et applications « intelligentes » contribuent souvent à nous isoler plus qu’ils nous rapprochent.

Et pourtant, les relations sociales et familiales constituent le meilleur remède à nos moments d’angoisse. Réapprenons à investir dans les vraies relations.

Que faire : L’usage des réseaux sociaux et des applications est devenu une drogue à accoutumance. Difficile de s’en sortir seul.

Tout détachement ou usage raisonné procèdera d’une démarche collective. La famille bien sûr mais aussi la collectivité dans son ensemble doivent apprendre à se défendre de ce virus. Les collectivités locales en particulier pourraient proposer des espaces/activités permettant d’oublier l’injonction du smartphone : jeux sportifs, théâtre de rue, banquets festifs, …

Les appels à l’hystérie d’une partie des élites et influenceurs

Le succès incontesté des prêcheurs de haine procède du penchant de notre espèce pour :

  • Les solutions simplistes qui flattent notre paresse intellectuelle (il est plus facile de souhaiter l’expulsion des émigrés « qui viennent manger le pain des français » plutôt que de lire les études qui prouvent qu’ils exercent les métiers dont les honnêtes visages pâles ne veulent plus
  • Les discours virils et martiaux ; le confort d’appartenir à une meute déchaînée qui donne le sentiment d’impunité quel que soit le niveau de violence exercé sur la cible désignée

Des quatre facteurs de montée des conflictualités, ce dernier est sans doute le plus difficile à combattre. L’affirmation d’un contre discours en appelant à l’intelligence collective et à l’entraide plutôt qu’à l’affrontement et à la compétition semble être la solution.

Reste à trouver les élus et les leaders d’opinion capables de s’élever au-dessus des parti(e)s pour incarner cette autre voie. Mais n’est pas Gandhi qui veut

Le culte de l’individualisme

Tout a déjà été dit sur les dégâts du libéralisme débridé et du culte de l’individu sur la cohésion sociale.

Heureusement, ce phénomène mortifère pourrait régresser car face aux dangers à venir, les comportements égoïstes seront rapidement disqualifiés voir sanctionnés par la collectivité. Sans attendre les premiers orages, il serait pourtant opportun de promouvoir/créer davantage de dispositifs de partage et de coopération à l’échelle locale.

La montée des peurs et des anxiétés

Ce facteur constitue avec le culte de l’individualisme la cause première du stress social et de la montée des conflictualités ; les 2 autres facteurs jouant plutôt le rôle de coefficient multiplicateurs.

Exagérée dans certains cas, la montée des périls (accidents climatiques, paupérisation des classes moyennes, conflits armés,  ..) est largement fondée.

Heureusement un danger/défi peut s’avérer stimulant à la condition de disposer :

  • D’une grille de lecture permettant à ceux qui en sont menacés de comprendre ce qui se passe (ce que l’on appelle « tutoyer sa peur ») ou l’objectiver
  • D’une trajectoire porteuse de sens et d’espoir. La recherche de résilience – à la fois boussole et bouclier de la cohésion sociale – pourrait constituer cette trajectoire si les élus locaux savaient s’en saisir.

Comment gérer les conflits locaux

Les élus locaux n’ont sans doute pas signé pour ça mais de plus en plus, ils devront faire face aux risques d’explosion/implosion en évitant de recourir à la répression.

À leur disposition plusieurs stratégies :

  • La fuite : Cette stratégie consiste à refuser d’intervenir pour gérer le conflit en misant sur la maturité des protagonistes, leur capacité à sortir par eux-mêmes du conflit… mais en leur annonçant. Ce refus de gérer le conflit doit être présenté par la collectivité comme une marque de confiance. Attention, si cette confiance est mal placée, le conflit peut rapidement dégénérer.
  • La rupture des schémas relationnels consiste à séparer les parties en conflits. Cette stratégie est a priori purement théorique car il est peu envisageable d’expulser une partie des habitants ou de dresser une barrière entre voisins en conflits (nous ne sommes pas à Gaza). De toute façon, les défis à venir ne pourront être relevés qu’à la condition de mobiliser l’ensemble des énergies et intelligences d’où qu’elles viennent.
  • La compétition (winner/looser). Dans ce cas l’élu ou la collectivité décident d’un vainqueur et donc de facto d’un perdant. Par exemple, si chasseurs et joggeurs s’opposent, la collectivité choisit de donner raison à l’une des parties. Cette stratégie peut s’avérer justifiée dans certains cas car il faut savoir faire preuve de courage pour dire stop à certaines pratiques. Mais dans un pays où la parole instituée (enseignants, élus, parents) ne fait plus autorité, les élus locaux peuvent se retrouver rapidement en conflit avec la partie déboutée.
  • Le compromis. L’élu amène les parties à faire des concessions pour parvenir à un accord leur permettant de sortir du conflit. Comme toute stratégie, celle-ci peut s’avérer efficace dans certaines circonstances. Néanmoins la gravité de la situation (économique, climatique, sociale) requerra de plus en plus des solutions radicales peu compatibles avec les compromis.
  • La sublimation. Elle consiste pour l’élu à évoquer une raison supérieure au conflit. Partant du principe -souvent vérifié- que les conflits de voisinage quelque fois ancestraux reposent sur des différents quasi puérils, l’élu attirera l’attention des protagonistes sur un enjeu/défi existentiels pour l’ensemble des parties (« plutôt que de vous disputer ce bout de terrain, ne pourrions-nous pas mettre notre énergie à faire face à la prochaine tempête qui n’épargnera personne ? »). En ce début de crise systémique, cette stratégie de gestion de conflits peut s’avérer extrêmement efficace.

Comment enfin recréer du commun ?

Sachant qu’il vaut mieux éviter les conflits que de devoir les gérer, voici les composants d’une stratégie de reconstruction du vivre ensemble.

Autant de solutions à la disposition des collectivités locales :

  • Communiquer/incarner une vision porteuse d’avenir susceptible de sublimer les conflits et antagonismes mineurs. C’est la mission d’un élu porteur d’avenir. Incarner le rôle du guide visionnaire !
  • Impulser des projets de coopération/partage : Proposer aux habitants de co créer un tiers lieu, reconvertir une friche. En fait, tout aménagement peut être l’occasion d’en appeler à l’intelligence collective
  • Mettre en place des instances de démocraties inclusives et permanentes (à l’instar d’Agorapolis)
  • Organiser des campagnes de sensibilisation aux pratiques à risque (usage des réseaux sociaux, obésité, ….) et aux recommandations d’usage (eau, vélos, …)
  • Privilégier la création d’emplois de liens, limiter au maximum le recours aux automatismes qui dégradent nos capacités relationnelles autant qu’ils détruisent des emplois (les magasins Amazon Go étant le symbole de cette horreur de vie).
  • Organiser régulièrement des événements festifs en s’appuyant sur le tissu associatif et les commerçants.

Good night and good luck

Devant nous, la promesse d’un désordre systémique (climatique, géo politique, socio-économique et peut être sanitaire) sans précédent si nous ne nous ressaisissons pas rapidement en tant que citoyens et en tant que nation.

Et pourtant, face à cette menace qui se précise, l’actualité fourmille d’exemples de mal adaptations :

  • Lutte contre le réchauffement climatique ? Un moratoire de plus sur l’interdiction des glyphosates en France et la mise à l’index du pacte vert européen en guise de réponse au désespoir économique et professionnel des agriculteurs européens
  • Meilleure répartition des richesses ? Procrastination à tous les étages (Europe, France) face à la pression des lobbies (industriels, distributeurs, plateformes et réseaux sociaux) et défenseurs des hyper riches
  • Valorisation du travail et lutte contre le chômage ? Généralisation de jobs (de plus en plus ubérisés) le plus souvent mal payés, peu protecteurs et sans perspectives
  • Plan Marshall pour la réindustrialisation du pays et sa souveraineté économique ? Quelques licornes High techs et des jeux du cirque (les jeux olympiques) hors de prix (empreinte carbone, montant de l’investissement, prix des billets) mais donnant lieu à une exfiltration de ceux que l’on devrait aider (travailleurs pauvres, SDF, étudiants)
  • Dégradation des services publics ? Une avalanche de novlangue pour magnifier l’hôpital, l’école public, l’intérêt général et « en même temps » l’austérité budgétaire et la poursuite des fermetures de lits, de classes,..
  • Revitalisation démocratique et lutte contre l’abstention ? L’accumulation de dispositifs (cahier des doléances, grand débat, Convention citoyenne pour le climat, Ségur à répétition) hautement instrumentalisés et la multiplication des atteintes aux libertés individuelles et collectives (drones, caméras de vidéosurveillance, interdiction de manifester avec ou sans casseroles, arrestations préventives..)

Les ingrédients du cocktail qui nous attend sont déjà connus :

  • Une fracture sociale abyssale avec le risque permanent d’implosion/explosion de ce qui reste du vivre ensemble
  • L’accession au pouvoir d’un régime autoritaire et sectaire
  • La multiplication des accidents climatiques et des tragédies humaines associées
  • L’enfoncement dans la pauvreté et la précarité d’une partie croissante de la population
  • La montée des tensions géo politiques et l’imposition d’une économie de guerre

Dans ce contexte de montée des périls, nous pourrions nous attendre à une mobilisation massive et pacifique des peuples pour la promotion d’une société plus « Care » (plus démocratique et respectueuse de la planète et de ceux qui l’habitent). Un refus de l’inacceptable : Projets écocides et incurie climatique, massacre des palestiniens, paupérisation des agriculteurs, épuisement des soignants, répression des mouvements écologistes, ..

Las ! La plupart des sapiens ne bronchent pas ou si peu et poursuivent leurs routines tant que leur intérêt particulier n’est pas directement inquiété.

Comment expliquer cette absence de réaction face à la montée des périls ?

Au cœur de tout : Une relation au temps devenu pathologique

Coursiers, cadres en entreprise, mères isolées avec enfant à charge, étudiants bossant chez Mac Do, nous sommes de plus en plus nombreux à courir après le temps, à accumuler/enchaîner les activités (vie professionnelle, démarches administratives du quotidien, contraintes familiales). Pour ceux dont les emplois du temps sont les plus chargés, les quelques moments de temps libre sont consacrés à la réparation (dormir, se reposer) ou au délassement (se changer les idées, oublier la machine).

Si certains sont effectivement épuisés, fracassés par le système économique, d’autres sont en revanche responsables de cet empilement d’activités : Cadres et dirigeants d’entreprise enchaînant les réunions inutiles, adorateurs de Netflix et de jeux vidéo, ..

Ainsi, librement ou par obligation, nous sommes dans le guidon et tentons de nous dégager du peloton quitte à donner des coudes à nos co citoyens considérés comme concurrents.

Nous voici devenus hamsters compulsifs asservis à une roue du temps qui semble de plus en plus nous échapper.

Tant d’énergie gaspillée à détruire la planète.

Pire, certaines de nos activités et de nos inclinations nuisent à la planète : tourisme, mode, alimentation,..

Si « On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance », ayons enfin le courage d’interroger ce culte de la croissance à 2 chiffres et de l’hyper consommation. Ai-je absolument besoin de ce smart phone de dernière génération ou de ce tailleur Zara ?

Saccager la planète et mettre au travail l’humanité jusqu’à 64, 65 ou 66 ans ? Dans quel but ? Pour quel projet de société ? Pour quel projet de vie en commun ? Au bénéfice de qui ?

L’hyper consommation et l’hyper activité nous rend elle heureux ?

« L’américain moyen dépense soixante fois plus d’énergie que le chasseur-cueilleur moyen de l’âge de pierre. Est-il pour autant soixante fois plus heureux ? » Yuval Noah Harari

Nous savons que non. Alors pourquoi ne pas ralentir ?

Le monde ira mieux le jour où nous exigerons des voitures légères et sous équipées ; le jour où nous refuserons de nous endetter pour consommer toujours plus. Le jour où nous revendiquerons l’oisiveté.  

Arrêtons de nous épuiser à perpétrer des activités et des rythmes de vie qui nous empêchent de réaliser la situation périlleuse dans laquelle se trouve notre espèce et donc d’agir.

Il est urgent de prendre du recul par rapport aux évènements qui s’accélèrent et se bousculent. Il nous revient de comprendre la marche du monde pour reprendre le contrôle de nos existences.

À la recherche de tout ce temps perdu ….

Pour ceux qui le peuvent économiquement, réapprenons l’oisiveté et savourons la lenteur propice à la réflexion et à la méditation.

Pour tous, il s’agit de miser sur la sobriété et la sélectivité (« qui trop étreint mal embrasse »)

Réapprendre l’empathie et se rendre disponible à l’autre (ses combats, ses difficultés, ses aspirations) et à soi-même (notre être, nos aspirations, nos rêves).

Prendre le temps de la réflexion, c’est la possibilité de passer de :

  • L’amnésie et l’aveuglement provoqués par les réseaux sociaux et les chaînes d’info en continue à la pleine conscience des évènements qui comptent vraiment
  • L’insensibilité généralisée à la compassion et à l’empathie pour les fracassés
  • La consommation compulsive et écocide à la consommation sélective et responsable

Comment ralentir ? Comment retrouver ce temps perdu ?

Objectif « Dégager de mon temps »

Tout commence par mettre de l’ordre dans ses pratiques (consommations, engagements associatifs, agenda professionnel) afin de sanctuariser ne serait ce que trente minutes quotidiennes.

Il s’agit de mettre à profit un peu de ce temps pour :

  • S’enquérir de la marche du monde, lire autre chose que l’Équipe ou Femme actuelle, s’intéresser à l’histoire, à la géo politique, à l’économie.. S’instruire.
  • Participer à des réunions, à des débats, conférences
  • Même si cela n’est pas sans risques, parler politique avec ses proches et ses amis
  • Prendre le temps d’écouter les alertes des scientifiques (climatologues, sociologues) et des associations humanitaires et d’écouter enfin sa conscience (suis-je satisfait de cette vie de hamster ?)

Objectif « Ralentir »

  • Se consacrer intensément à une seule activité à la fois (manger, visiter un monument, discuter avec son interlocuteur OU regarder son smart phone)
  • Ne pas vouloir tout faire vite mais privilégier la lenteur et la contemplation (découvrir Paris en 3 jours, Non, non et non !).
  • Savourons intensément chaque instant de chaque activité. Apprenons à aimer les objets, à les faire durer et la planète s’en portera mieux (et notre porte-monnaie aussi)

La vie de hamster est compulsive ; à l’instar d’une drogue à accoutumance, il nous faudra du courage pour lâcher la roue. Et pourtant, nous devons ralentir et vite !

Good night and good luck

Compte tenu des évolutions à venir, le profil de l’élu local est appelé à évoluer rapidement et fondamentalement. Exit les grands architectes les bras chargés de promesses et de projets. Bienvenu aux élus visionnaires et catalyseurs d’énergies !

Le constat : En l’absence même d’un big collapse précipité par une nouvelle pandémie, un krach financier ou un conflit international (en mer de chine, au proche orient ou en Europe), on peut pronostiquer que les prochaines années se traduiront par :

  • Une augmentation des conflits sociaux sur des sujets variés : Lutte contre le dérèglement climatique, les injustices, l’atteinte aux libertés, la défense des minorités, etc
  • Une augmentation de la pauvreté et de la précarité : Étudiants, agriculteurs, gilets pauvres, ..
  • Un durcissement démocratique et un régime de plus en plus autoritaire et centralisateur
  • Une dégradation des services publics et de la protection sociale ; un gouvernement ne pouvant pas « en même temps » défendre les « super profits », augmenter les budgets militaires et régaliens et simultanément investir massivement dans l’hôpital, l’éducation, le logement ; secourir les plus faibles et la planète

Bien sûr, cette promesse d’affaissement ne serait pas une fatalité si la priorité était donnée à une politique radicalement réorientée.

Malheureusement d’ici 2027, le programme qui s’annonce est bien peu réjouissant : Une surenchère de novlangue pour tenter de cacher une absence de vision stratégique.

Le port de l’uniforme à l’école ou la lutte implacable contre les « parasites » (chômeurs, émigrés, insoumis, écologistes, ..) ne réduiront pas l’empreinte carbone du pays, sa désindustrialisation, son déficit commercial, la détresse des agriculteurs, la paupérisation des services publics ou la montée du ressentiment envers les élites ….

Aussi, les élus locaux se retrouvent déjà en première ligne et seuls pour traiter de nombreux défis :

  • Un défi financier :
    • Faire plus et mieux avec moins
    • Procéder à de déchirants arbitrages entre projets, entre dépenses
    • Améliorer la productivité et l’agilité organisationnelle des services de la collectivité
    • Trouver de nouvelles sources de financement
  • Un défi social
    • Retisser le lien social et booster le vivre ensemble
    • Mobiliser l’intelligence collective
  • Un défi stratégique : développer la résilience
    • Relocaliser et gagner en autonomie (notamment énergétique et alimentaire)
    • Développer la solidarité, l’entraide
    • Faire le choix d’une croissance sélective
  • Un défi écologique :
    • Prévenir le risque d’accident climatique et adapter les comportements en conséquence
    • Réussir la transition écologique en accompagnant les secteurs les plus impactés : Agriculture, transports, industrie, BTP, ..
    • Réduire l’empreinte carbone du territoire (en misant notamment sur la sobriété)

Cela fait beaucoup sur les épaules d’édiles locaux non préparés à affronter de telles complexités. La plupart n’ont pas signé pour endosser la mission d’Hercule.

Cette grande difficulté à faire face à ces défis explique en partie le découragement de certains d’entre eux et la montée de l’abstention de la part du corps électoral ; témoin de cette impuissance.

Près de 4 000 élus démissionnaires depuis le début du mandat en 2020 selon le président de l’AMF. Avril 2023

Et pourtant, beaucoup pourrait être fait pour construire un monde porteur d’avenir à l’échelle locale si les élus locaux décidaient de changer de posture et d’habitudes.

Attachons-nous donc à décrire le portrait de l’élu porteur d’avenir.

Les qualités porteuses

  • Une vision stratégique cohérente des défis à relever et d’un développement porteur d’avenir.

Nombre de nos concitoyens sont désorientés et angoissés face à l’accumulation de ce qu’ils considèrent comme des menaces (climat, paupérisation, émigration, .. ). Certains sombrent dans la phobie ou la violence ; d’autres dans le repli sur soi et l’abstention. Le premier courant politique ayant pour nom « Ressentiment ».

Seule une vision, une grille de lecture transcendante -à la fois porteuse de sens et désirable aux yeux des citoyens- permettrait de sublimer ces pulsions mortifères et de stopper cette tectonique des foules. La quête de résilience locale pourrait incarner cette boussole, cette trajectoire porteuse de sens qui permettrait de fédérer positivement les énergies. Rappelons que la résilience s’appuie sur 4 priorités absolues : la solidarité et l’entraide, la sobriété, l’autonomie, la préservation et le développement du bien-être. Qui ne signerait pas pour un tel programme ?!

  • L’incarnation d’un esprit d’équipe, d’un collectif.

Comment faire maison commune avec tous ceux qui n’ont pas voté pour moi (opposants ou abstentionnistes) devrait être le leitmotiv dès le lendemain des élections et tout au long du mandat. Être élu avec 60 % de la moitié du corps électoral (sans compter tous ceux qui n’ont pas le droit de vote) n’est absolument pas satisfaisant. Il s’agit d’aller à l’écoute des opposants et des silencieux, de dépasser les postures de principe et de réconcilier les points de vue autour de débats authentiquement démocratiques. Les outils et méthodes existent en la matière.

Dans le même ordre d’idée, l’élu porteur d’avenir s’appuiera sur un management extrêmement participatif, synonyme d’écoute, de délégation et de confiance réciproque. Par exemple, les élus devraient ouvrir leur agenda à leurs collaborateurs les plus proches et leur permettre de décider de leur participation à différentes réunions. L’exemple peut paraître trivial et pourtant il symbolise à merveille cet esprit d’équipe et de confiance.

  • Un élu courageux qui parle vrai et responsabilise.

On le sait déjà, les prochaines années seront extrêmement compliquées dans un contexte environnemental terriblement instable. Les Français dans leur ensemble sont suffisamment adultes pour entendre la vérité la plus crue. Rappelons-nous du discours de Winston Churchill prononcé le 13 mai 1940 devant la chambre des communes. On se souvient de  » Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » mais on aurait tort d’oublié l’espoir qu’il pointe au bout de son discours : « Vous me demandez quel est notre but. Je vous réponds en deux mots : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire malgré toutes les terreurs, la victoire quelque longue et dure que puisse être la route : car, hors la victoire, il n’est point de survie ». Il suffirait aux élus de remplacer « victoire » par « vivre ensemble dans la solidarité, la sobriété et l’autonomie » pour libérer des trésors d’énergie et de résilience.

Les habitants peuvent accepter que leur élu ne puisse pas tout. Par contre, celui-ci doit s’engager sur l’essentiel ; à savoir préserver la cohésion sociale fondée sur des valeurs trop souvent galvaudées : Liberté, égalité, fraternité

  • Une posture de coach qui libère les énergies et booste l’intelligence collective

Une posture de coach de territoire

Fondamentalement, il s’agit pour l’élu de mettre en capabilité les habitants et les acteurs locaux. Ne plus leur dire, « j’y réfléchis, j’ai la réponse/je m’en occupe » mais « que proposez-vous ?» ou « J’en suis certain, vous trouverez la réponse »

Voici plus en détail la concrétisation en actes de cette posture :

  • Stimuler les initiatives, responsabiliser les habitants
  • Fournir les ressources, « armer » les acteurs locaux
  • Garantir le respect de règles du jeu démocratiques. L’élu coach s’interdit de programmer l’avenir de son territoire ; synonyme d’asphyxie de l’intelligence collective. Sa priorité est au contraire d’apporter de l’oxygène au tissu local et de libérer les initiatives. Il s’attache donc à mettre en place l’ingénierie nécessaire à cette démocratisation de la décision locale. Dans ce sens, il n’oublie pas de garantir le respect d’un certain nombre de règles démocratiques au sein des débats : écoute active, objectivité, argumentation, concession, …
  • Valoriser – mettre en avant les initiatives des habitants et des acteurs locaux
  • Incarner et promouvoir des valeurs, des principes d’action qui mobilisent et fédèrent. L’élu coach est conscient du risque de cacophonie décisionnelle et de forces centrifuges. Aussi prend il le soin d’exprimer et de faire respecter quelques règles de jeu (transparence, concertation), de priorités (intérêt général) et de repères (la boussole de la résilience) permettant de garantir cohérence et cohésion

Sa stratégie – son agenda

L’emploi du temps d’un individu nous apprend beaucoup sur la réalité de ses priorités. Alors, quel devrait être le quotidien de l’élu local ?

  • Communiquer une vision stratégique et des valeurs porteuses d’avenir en s’appuyant sur une communication virale portée par les acteurs locaux (notamment le tissu associatif). L’enjeu est de susciter une participation massive des habitants au(x) projet(s) du territoire. Inaugurations, vœux, réunions publiques, conseils municipaux, … sont autant d’occasion pour l’élu de communiquer sa vision (la résilience en tant que boussole et trajectoire porteuse de sens) et sa détermination à la réaliser quelque soit les obstacles. Convaincre, toujours convaincre, stimuler, inciter à l’engagement.
  • Mettre en place et faire vivre une gouvernance partagée du territoire
    • Constituer et développer sa dream team, l’écosystème local. Lui revient d’entretenir et développer l’esprit d’équipe au sein de son administration et de son conseil municipal. De même, il doit s’assurer que les entreprises locales ne se contentent pas de cohabiter comme c’est souvent le cas mais qu’elles mutualisent, partagent leurs ressources (informatique, R&D, ..) et leurs actions
    • Associer massivement la population aux projets et décisions locales les plus critiques
    • S’assurer du déploiement d’outils de démocratie locale : référendum, convention citoyenne, RIC local, civic tech.
    • En résumé, déléguer, déléguer et encore déléguer
  • Faciliter et promouvoir/diffuser les initiatives des acteurs locaux et des habitants

Les pièges à éviter

Tel Ulysse, l’élu doit apprendre à résister aux charmes des sirènes. Autant de pièges et de combats qui le détourne de sa quête de résultats. Voici les tentations les plus piégeantes :

  • Défendre/Porter un programme détaillé d’engagements et de projets et cela pour au moins 2 raisons :
    • Crise financière de 2008, Pandémie de 2020-2021, guerre en Ukraine, ….  Nous entrons dans une période de plus en plus instable et incertaine et cela sur tous les plans. Les territoires doivent se faire roseau ; c’est-à-dire agiles et résilients. Aussi, les élus doivent arrêter de s’engager sur des programmes suspendus au bon vouloir de l’environnement. Beaucoup peut être fait en matière de souveraineté, de sobriété, d’entraide et de développement économique sans grands programmes structurants
    • Les décisions technocratiques et qui tombent d’en haut sont de plus en plus mal accepté par les Français qui souhaitent être associés aux décisions qui les concernent. Il suffit de noter la montée des conflictualités et des recours autour des projets
  • Être omni présent ; incarner l’homme-orchestre de tous les combats et de toutes les décisions.  Souvent animés de bonnes intentions, nombre d’élus locaux cumulent trop de fonctions ou mandats : Président d’EPL, d’OPH, d’associations, membres de conseils d’administrations, … Si « trop embrasse, mal étreint », les élus devraient laisser davantage de places aux autres acteurs locaux pour se concentrer leur énergie et agenda sur les 3 priorités évoquées précédemment
  • Se faire pompier ou père noël. Un mandat local est chronophage, voire épuisant pour l’élu qui ne sait pas dire « non ». Dès le début de son mandat, celui-ci doit mettre en place le système de délégation lui permettant de ne pas être de permanence 24h sur 24.
  • S’en remettre à la générosité des autres (l’État, la région ou la communauté européenne). Nous rencontrons souvent des élus qui se plaignent. «Si seulement, on nous donnait de l’argent, ce n’est pas les projets qui manquent ». Oui mais voilà, il ne pleuvra pas de roubles dans les prochaines années et il existe d’autres moyens à investiguer pour financer le développement local : Financement participatif, monnaies locales, mécénats,.. « Aide toi et le ciel t’aidera » constitue un mantra d’avenir
  • Représenter un camp, privilégier l’intérêt d’une partie de la population. Dès sa désignation, l’élu local doit élargir sa base d’alliés et de soutiens quitte à justifier le renoncement à certaines promesses trop partisanes. Raison de plus d’ailleurs pour ne pas s’engager sur un programme trop détaillé.

Le découragement gagne de plus en plus élus locaux et le phénomène risque de se généraliser tant les menaces s’accumulent faute d’être traitées à l’échelle européenne et/ou nationale.

Une seule solution face à cette montée de la complexité et des pressions : Changer de posture et développer de nouvelles compétences.

Place à l’élu visionnaire et catalyseur d’énergie !

Lire « Recréer du lien social, de la convivialité de proximité« 

Good night and good luck

… Quel avenir pour le tourisme ?

Dans les prochaines années, le tourisme est appelé à évoluer radicalement pour des motifs écologiques mais aussi socio-culturels. Comment anticiper et accompagner ces transformations ?

Définition OCDE : « Le tourisme peut être considéré comme un phénomène social, culturel et économique lié à la circulation des personnes en dehors de leur lieu de résidence habituel ».

Dans le monde :

  • 969 millions de touristes transfrontaliers en 2022 soit 12 % de la population mondiale
  • 10 % du PIB mondial
  • 10% des emplois sur la planète

En France :

  • Depuis les années 1990, la France est la première destination touristique au monde (90 millions d’arrivées de touristes internationaux en 2019)
  • En France, en 2019, le tourisme a généré 1,7 million d’emplois, soit 7,3 % de l’emploi total.

Et pourtant, l’été dernier 6 Français sur 10 n’étaient pas partis au cours des cinq dernières années. Enquête menée par l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) et la Fondation Jean-Jaurès

Voyager ! Mais pourquoi ?

Le voyage récréatif (on ne parle pas ici d’émigration contrainte) n’est pas une pratique récente. De tout temps, nombre des sapiens qui pouvaient se le permettre en ont profité.

Il s’agissait alors de satisfaire un désir de dépaysement, d’aventures et d’émotions.

Depuis, le tourisme s’est développé pour devenir un phénomène de masse.

Joffre Dumazedier, sociologue du loisir de référence identifiait 3 besoins associés aux activités de loisirs :

  • Se Délasser : Se reposer, reprendre des forces, récupérer
  • Se Divertir : S’amuser, se distraire, jouer
  • Se Développer : Apprendre, découvrir de nouvelles cultures

Si l’on se réfère à cette théorie des 3 D, seul le besoin de développement pourrait justifier de dépenser tant d’énergie et d’argent pour traverser les océans et les continents.

Or de nos jours, la réalité du tourisme de masse se limite souvent à :

  • Une accumulation de clichés : Qui n’a pas assisté à ces scènes de touristes agglutinés devant un monument, un paysage grandiose le temps d’un selfie ou d’une photo de groupes pour… dans la minute qui suit remonter dans leur bus ou SUV de location….  Le Taj Mahal, la pyramide de Gizeh, la Sagrada familia, le Grand canyon, la tour Eiffel, … Aux yeux de ces touristes, rien ne semble assez beau pour justifier quelques minutes de contemplation.
  • Des séjours chronométrés : Le temps moyen de séjour à Venise est inférieur à une journée. Et que dire de ces circuits découverte de 15 jours à travers les États unis, ces weekends all included à Paris, Londres, New York ??
  • Un entre soi : Bateaux croisières, villages vacances, pistes de skis, de danse. De nombreux voyages à l’étranger se résument à un entre touristes
  • Des voyages normés : Aujourd’hui, les destinations doivent impérativement s’aménager selon les standards du tourisme international. Tout y passe ou presque : gastronomie, commerces, hôtels, plages, …
  • Des rythmes routiniers et des comportements moutonniers : Plage à 11h, déjeuner familial à 14h, retour à la plage pour 15h30, le meublé ou l’hôtel pour 18h, restaurant pour touristes à 19h, déambulation sur le bord de mer vers 21h… et ainsi de suite jusqu’à la fin du séjour. Mykonos, Venise, Dubrovnik vues du ciel ?? Deux ou trois rues commerçantes bondées de touristes en transhumance et tout autour des rues désertes. Obliquer dans les ruelles transversales ?? Quelle aventure !!

Mais alors Pourquoi partir à l’étranger si c’est pour reproduire les mêmes comportements, les mêmes routines !! ?? A quoi bon s’évader si c’est pour revenir plus pauvre (ou moins riche) et inchangé ?

Quelle proportion de touristes s’aventurent en dehors des sentiers battus ?

Tourisme. Un secteur appelé à se transformer radicalement de toute façon

Au regard de l’analyse qui précède, certains répondront que nous sommes en économie de marché et que si le tourisme industriel séduit les masses, c’est tant mieux. Laissons faire Airbnb, MSC et consorts.

Malheureusement (ou heureusement), le tourisme de masse n’est plus supportable en l’état pour plusieurs raisons :

  • Écologiques et climatiques : Empreinte carbone représentée par les transports et les aménagements dédiés au tourisme, artificialisation d’espaces fragiles, tension sur les ressources hydriques, foncières, pollution, neige artificielle déversée sur les pistes de ski, ..
  • Urbanistiques : Dénaturation de paysages, villes bétonnées, stations fantômes hors saison, ..
  • Économiques et sociales : Augmentation des prix (et pas que de l’immobilier) et expropriation des habitants à l’année, … disparition des commerces de proximité (boucheries, épiceries,  ..), dépendance outrancière à la manne touristique qui rend vulnérable la destination en cas de pandémie, de conflits ou d’attentats

Enfin, de plus en plus de locaux ne supportent plus cette forme de colonisation économique et culturelle. La résistance s’organise en Croatie, en Bretagne, à Venise, Athènes, Barcelone, ..

Quel tourisme pour demain ?

Rapidement, le tourisme doit se faire plus responsable et résilient.

  • Responsable vis-à-vis de la planète et des locaux
  • Résilient quel que soit les circonstances (fermeture des frontières, crise économique ou sanitaire, …)

Les caractéristiques d’un tourisme plus vertueux :

  • Un tourisme de proximité. La nécessité de réduire notre empreinte carbone et l’augmentation tendancielle des coûts de l’énergie nous imposent de nous tourner davantage vers un tourisme de proximité.
  • Un tourisme d’intention, de projet. Pour se protéger de la sur fréquentation, des communes commencent à fixer des quotas de visiteurs (les Calanques), des interdictions de stationner pour les piétons (Portofino), voire appliquent des droits d’accès à leur cœur de ville.  Visiter les sites les plus recherchés deviendra l’aboutissement d’un désir réfléchi, préparé, anticipé.
  • Un tourisme du temps lent (slow tourism). Apprendre à savourer plutôt qu’accumuler les clichés. Prendre le temps de sortir des itinéraires et programmes prés formatés. Privilégier l’intensité et la sélectivité.
  • Un tourisme d’immersion. Séjourner chez l’habitant. Vivre au milieu et avec les locaux et refuser l’enfermement des ghettos à touristes. Ne pas venir pour faire le plein de pacotilles et de sacs Hermès mais pour revenir la tête pleine de souvenirs de nouvelles rencontres.
  • Un tourisme de la réciprocité. Échanges d’appartements, participation à l’organisation d’un évènement local, contribution à un chantier de restauration, à des travaux agricoles,  ..
  • Tourisme d’itinérance : En janvier à Turin, en février à Munich, en mars à Innsbruck, … Avec le développement du télétravail, il devient possible d’envisager un tourisme nomade nécessairement moins carboné

Vision utopique ? Élitisme ?? Qu’importe. Le tourisme doit se réinventer et les pistes de transition ne manquent pas.

Le développement de ce tourisme plus vertueux suppose néanmoins que 2 conditions soient réunies :

  • Un changement de nos comportements individuels. Il revient à chacun d’entre nous -en tant que voyageurs- de faire évoluer nos pratiques touristiques. S’interroger sur la nécessité de bruler tant de kérosène pour farnienter 15 jours sur une plage que ce soit à Punta cana, Pattaya ou Acapulco ; de traverser l’atlantique pour passer 4 heures à Machu Picchu, 6 à La Paz et 3 à Cuzco.
  • Une adaptation de l’offre touristique locale. La bonne volonté individuelle ne suffira pas. Il s’agit pour les collectivités locales et les acteurs du secteur de réinventer leur offre avec une priorité : développer un tourisme du lien (immatériel) moins coûteux et plus enrichissant qu’un tourisme du bien (matériel).

La Joconde ne racole pas, elle rayonne. La vraie beauté n’est-elle pas intérieure ? Plutôt que de chercher à attirer le regard des voyagistes et des touristes à coups d’infrastructures et de campagnes publicitaires, la priorité des collectivités devrait être de répondre aux besoins non satisfaits de leurs habitants. Ce n’est pas à Barcelone, Pétra ou Avoriaz de s’adapter aux exigences du tourisme international mais aux visiteurs de s’adapter à la vie locale fusse-t-elle plus rustique. Visiter Rocamadour ou Bonifacio devrait se mériter. Ainsi, le tourisme ne devrait pas être considéré comme un axe de développement mais comme un bonus récompensant une qualité de vie plébiscitée par l’ensemble des habitants.

En conclusion. Beaucoup de changement en perspectives. Autant d’évolutions qui devront être le résultat d’un processus profondément démocratique.

Good night and good luck

SOS démocratie !?

Entre réforme des retraites et interdiction des trottinettes en libre-service à Paris…

D’un côté une réforme des retraites qui va lourdement impacter l’existence de la majorité de la population mais qui lui est pourtant imposée.

De l’autre un référendum local qui invite les Parisiens à se prononcer sur un sujet mineur.

Faut-il s’étonner de la montée de l’abstentionnisme ?

Notre démocratie ne mérite-t-elle pas mieux ?

Les faits : Le 2 avril, la mairie de Paris a organisé une consultation « Pour ou contre les trottinettes en libre-service » (*)

(*) En octobre 2022, 400 000 utilisateurs uniques avaient utilisé une trottinette en libre-service, soit une hausse de 71 % en deux ans. 

Organisation de la consultation :

  • 203 bureaux de vote (ouverts de 9h à 19h)
  • 1 270 agents mobilisés toute la journée
  • + budget de communication

Bilan de l’opération :

  • Sur 1,3 millions d’électeurs inscrits, moins de 8 % % de votants (soit un taux d’abstention de 92 %)
  • Près de 90 % des votants (personnes âgées et a priori peu utilisatrices) se sont prononcés contre l’autorisation des trottinettes en libre-service
  • Au total, une minorité d’électeurs prive la capitale d’un moyen de transport pratique et plutôt doux

A quand un référendum sur la fermeture des bars pendant l’heure de la sieste ou l’interdiction pour les jeunes des banlieues d’entrer dans les métropoles ?

Comprenons-nous. Notre propos n’est pas de nier les nuisances provoquées par ce type de services mais de pointer les effets contre productifs de consultations mal pensées.

En 2022, les trottinettes dans leur ensemble ont occasionné 3 morts à Paris. A titre de comparaison, rappelons qu’avec plus de 2 500 décès prématurés par an, la capitale française est la 4e ville d’Europe pour le nombre de victimes du dioxyde d’azote, selon une étude de « The Lancet Planetary Health ».

Mise en perspective du besoin de démocratie participative :

  • Le monde est confronté à une crise transformation systémique (dérèglement climatique, récession économique structurelle, montée des tensions géo politiques, fracturation sociale, ..)
  • Face à la montée des périls, seules l’intelligence collective et la solidarité nous apporteront l’indispensable résilience
  • Pour les mêmes motifs, il est urgent de faire appel à l’esprit de responsabilité et à l’intelligence situationnelle plutôt qu’à l’accumulation d’interdits et de réglementations qui pèsent de plus en plus sur les libertés individuelles
  • Dans leur immense majorité, les Français sont responsables et raisonnables à la ville comme aux champs. Alors pourquoi toujours leur faire payer le comportement d’une minorité ? Une démocratie adulte miserait sur l’esprit de responsabilité ; quitte à sanctionner les quelques irresponsables.

OUI, les élus locaux ont raison de vouloir associer leurs habitants à la gouvernance de la cité sachant que de plus en plus de français le souhaitent et qu’à l’échelle nationale, notre démocratie frôle l’asphyxie.

Encore faut-il respecter quelques conditions de réussite.

  • Choisir un thème/sujet/question suffisamment vital pour susciter la participation de l’ensemble des habitants (et non pas uniquement les aînés et les CSP +)
  • Fixer un taux de participation de l’ensemble des catégories de population en deçà duquel, la consultation est considérée comme non conclusive
  • Avant la consultation organiser :
  • Une communication virale qui (re)mobilise les abstentionnistes
  • Des débats publics permettant aux différents points de vue de s’exprimer et de rechercher des solutions constructives qui privilégient le vivre ensemble
  • Offrir la possibilité de vote électronique et de vote par procuration

En conclusion, face à la montée des colères et des conflictualités, les territoires de proximité risquent de se transformer en champs de bataille si les élus locaux ne prennent pas l’initiative d’un dialogue démocratique renouvelé.

Les consultations citoyennes contribuent à cette indispensable respiration démocratique locale mais elles doivent s’inscrire dans une stratégie d’ensemble qui privilégie un dialogue éclairé, constructif et permanent entre toutes les composantes de la population.

 

Entre hausse durable des coûts de l’énergie, austérité budgétaire (rémunérations, protection sociale, gel des retraites…) et proximité d’une présidentielle à haut risque, la menace d’explosion sociale semble désormais quasi inévitable.

Et les appels à manifester se multiplient : Pompiers, enseignants, soignants, défenseurs de la planète, des droits de minorités ou de la démocratie). Les Français sont à cran !

Aussi, les rues de France risquent d’être le théâtre d’affrontements musclés entre des forces de l’ordre de plus en plus désinhibées et des manifestants à bout de pacifisme mais aussi entre groupes opposés (notamment apparentés fascistes et antifas).

Pire. Depuis la mort du jeune Nahel, nous savons que les villes moyennes et centre bourgs peuvent aussi s’embraser.

Alors. Quelle devrait être l’attitude des Maires face à ces risques d’explosion sociale ?

Commençons par rappeler ce qui se joue lorsque les colères sociales sont méprisées ou pire réprimées (ce qui est le cas depuis dix ans).

  • Une situation qui le plus souvent dégénère et entraîne son lot des blessés et de destructions ; autant d’existences brisées. Le mouvement des gilets jaunes était digne et pacifique avant que la répression et l’absence de débouchés politiques n’entraînent certains sur la pente de la violence
  • La mise à mal de l’activité économique (blocage des routes et des entreprises, fermeture des commerces, jours de travail perdus…)

Comportement à éviter. S’en remettre au destin en se contentant d’attendre la survenance des blocages et des manifestations et finir par exiger l’intervention de la police voire de l’armée pour rétablir l’ordre.

Encore une fois, mépris et répression ne feraient qu’enclencher la spirale de la violence dans un pays inflammable.

Comportement recommandé. Sans attendre, apaiser les tensions locales et lutter contre les situations les plus dramatiques en organisant des débats citoyens éclairés, constructifs et ouverts à tous dans la proximité et la convivialité. Ces rencontres impulsées par les collectivités permettraient de :

  • Libérer la parole (le pire étant de ruminer ses ressentiments et ses anxiétés)
  • Apprendre à s’informer, à démasquer les rumeurs et fake news qui peuvent inciter à la violence
  • Recréer du collectif et du lien social
  • Provoquer un désir de changement constructif
  • Développer la solidarité et l’entraide de proximité
  • Engager des actions porteuses d’avenir et qui redonne espoir dans un monde meilleur.

Autant d’Oasis locales de la citoyenneté active face à un monde de plus en plus anxiogène.

Good night and good luck

Flyer

« Le pessimisme de la lucidité et l’optimisme de la volonté. Antonio Gramsci

Les élections municipales viennent de s’achever (ouf !) mais les défis n’ont pas disparu (aïe !).

En effet, si tôt désignés, les élus locaux vont devoir faire face à un contexte environnemental extrêmement menaçant.

Ce qui les attend. Ce qui nous attend.

  • Une intensification des accidents écologiques : Pollution, inondations, canicules… Avec leurs lots de victimes dont une partie croissante ne seront plus du tout ou mal assurée.
  • La multiplication des conflits géopolitiques sachant que les 3 empires sont déterminés à mettre au pas ce qu’ils considèrent comme leur arrière-cour : Taïwan et peut être les Philippines pour la Chine ; l’Ukraine, la Moldavie et les pays baltes pour la Russie ; le Groënland, le Canada, Cuba et le Venezuela pour les États-Unis. Et c’est sans compter sur le délirant état d’Israël qui menace de mettre le feu à tout le proche orient.
  • La fracturation sociale des nations et les affrontements entre de plus en plus d’états liberticides et réactionnaires et la partie de leurs peuples qui leur résiste.
  • Un environnement économique et financier chaotique et dégradé (de type stagflation en Europe). Environnement synonyme de hausse des produits subissant des tensions (hydro carbures, métaux rares, notamment) mais aussi de destructions massives d’emploi (la diffusion de l’IA y contribuant par ailleurs).
  • La priorité donnée par les gouvernements aux budgets régaliens (armée, police, surtout) au détriment de la protection sociale et des services publics.

Ainsi, les élus locaux vont se retrouver en première ligne pour affronter simultanément baisse de leurs budgets, multiplication des chocs écologiques et économiques, augmentation des demandes de protection des habitants, montée des colères et des conflits.

Rappelons que faute d’un changement radical de politique à l’échelle nationale, le pays devrait poursuivre son affaissement et les ressources budgétaires des collectivités locales suivre le même mouvement. Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets.

Or, dans un contexte où l’argent se fait rare, chaque projet, chaque décision municipale seront scrupuleusement observés et critiqués (légitimement ou non) par les oppositions. Alors dance on a tectonique des foules ? En tous cas « bonne chance » madame ou monsieur le maire !

Ce que devraient être les priorités des élus locaux en 2026

Face à la montée des menaces et de l’urgence systémique, les élus locaux devraient changer radicalement de posture et de logiciel économique.

Sinon, le mandat qui débute risque de se transformer en chemin de croix pour eux et leur territoire.

Adopter une posture de coach de territoire

Fondamentalement, il s’agit pour les élus de mettre en capabilité les habitants et les acteurs locaux. Ne plus leur dire, « j’y réfléchis, j’applique mon programme, je m’en occupe » mais « que proposez-vous ?» ou « J’en suis certain, vous trouverez la réponse »

Voici plus en détail la concrétisation en actes de cette posture :

  • Stimuler les initiatives, responsabiliser les habitants
  • Fournir les ressources, outiller les acteurs locaux en ingénierie de résilience, de projet et de démocratie participative
  • Garantir le respect de règles du jeu démocratiques. L’élu coach s’interdit de programmer l’avenir de son territoire ; synonyme d’asphyxie de l’intelligence collective. Sa priorité est au contraire d’apporter de l’oxygène au tissu local et de libérer les initiatives.
  • Valoriser – mettre en avant les initiatives des habitants et des acteurs locaux
  • Incarner et promouvoir des valeurs, des principes d’action qui mobilisent et fédèrent. L’élu coach est conscient du risque de cacophonie décisionnelle et de forces centrifuges. Aussi prend il le soin d’exprimer et de faire respecter quelques règles de jeu, de priorités (intérêt général) et de repères permettant de garantir cohérence et cohésion

Changer de logiciel et de cap

Pour l’immense partie des élus locaux, tout débute par une révolution culturelle qui consiste à faire son deuil de paradigmes désormais obsolètes :

  • Ruissellement. Non monsieur le Maire, toutes les activités et les emplois ne se valent pas.  Attirer coûte que coûte Amazon, Carrefour, un data center ou un tourisme de masse ne produit que des emplois souvent précaires et mal rémunérés. Non seulement, ce type de développement économique ne profite qu’à la marge aux besoins essentiels des habitants mais il est souvent porteur de coûts cachés (déstabilisation des écosystèmes démographiques, économiques et écologiques). Pire dans le contexte de stagnation économique actuel, le ruissellement est appelé à devenir goutte à goutte. Les entreprises préférant baisser les salaires que réduire les dividendes. Priorité donc aux activités de proximité non délocalisables.
  • Attractivité. Stop à la concurrence entre territoires et vive la coopération et à la mutualisation entre territoires.
  • Mondialisation. La montée des tensions internationales, la nécessité de réduire l’empreinte carbone des transports et le risque de nouvelles pandémies devraient inciter à prendre les devants d’une démondialisation inévitable en érigeant comme priorité locale la recherche d’autonomie.
  • Spécialisation. Dans le même ordre idée, plus un territoire est spécialisé (maïs, automobile, aéronautique…) plus il est vulnérable en cas de crise.

Les élus locaux doivent tourner la page (néo)libérale. Mais le courage de s’affranchir de ses dogmes surannés ne suffira pas à relever le gant.

Il s’agit aussi de proposer aux Français une vision (un cap et une trajectoire) porteuse d’avenir et qui s’imposent à tous non par la contrainte mais par l’évidence.

Or, un projet de société locale fondé sur la recherche de résilience inclusive offre cet horizon motivant et consensuel.

Car concrètement, une société fondée sur la résilience s’organiserait et se mobiliserait démocratiquement autour de 4 grands principes : Le bien-être collectif, la sobriété, l’autonomie et la solidarité. Qui n’adhérerait pas à cette promesse de valeur ?

Alors que penser de cette cuvée 2026 ?

Nos élus locaux sont-ils armés pour assurer le développement de leur territoire dans un contexte de pénurie budgétaire, de montée des exclusions et des égoïsmes, d’augmentation de la précarité et de la pauvreté, de multiplication des accidents climatiques… ?

En la matière, il en va malheureusement comme de la décarbonation du pays, de son désendettement ou de la lutte contre les exclusions, le compte n’y est pas. Et de loin.

Car l’immense majorité des élus locaux -et ce n’est pas leur faire offense- ne sont pas préparés à faire face à la crise systémique qui débute.

Il suffit pour s’en convaincre de lire les programmes des vainqueurs pour constater que la prise de conscience du changement d’époque en cours ne semble pas avoir présidé à leur élaboration. Qu’ils s’agissent des métropoles, communauté d’agglos, petite villes, centre bourgs ou villages, rien de Churchillien ou transcendant dans les promesses de campagne. Le plus souvent, une liste « à la Prévert » de ce qui permet d’être (ré)élu en dehors de toute analyse des tendances lourdes mondiales. Comment s’étonner alors de la hausse du taux d’abstention et du désamour des Français pour la politique en l’absence de vision globale et de trajectoire porteuse d’avenir ?

Un besoin patent d’accompagnement à la résilience inclusive

Faute d’un changement de posture et de logiciel économique, les élus locaux risquent de se contenter d’une gestion à la petite semaine (on expédie les affaires courantes en attendant les lumières Élyséennes) ou pire de chercher à imposer leur programme à l’ensemble de leurs administrés (alors qu’entre absentions et votes de défiance, ils n’ont été élus le plus souvent que par une minorité).

Aujourd’hui, relève donc de l’intérêt général d’aider nos élus locaux à :

  • Affirmer une posture de coach de territoire seule susceptible de libérer et catalyser l’intelligence collective locale
  • Créer les conditions d’une mobilisation massive de leurs habitants autour du cap de la résilience
  • Déployer l’ingénierie permettant d’élaborer et de concrétiser un projet de territoire soutenable et soutenu par l’ensemble des habitants

C’est précisément la valeur ajoutée de Créon – Un monde d’avenir.

Encore faudrait-il que les intéressés prennent conscience de ce changement d’époque. Ce qui reste malheureusement l’exception. L’été portera-t-il conseil ?

Good night and good luck

Le contexte

Notre pays est confronté à une crise globale (mondiale) et généralisée (écologique, géopolitique, sociale, économique et démocratique).

Dans ce contexte de montée des incertitudes et des menaces, il est tentant d’opter pour l’attentisme alors que beaucoup de choses sont possibles à l’échelle locale dès lors qu’est mobilisé l’ensemble des énergies positives.

Les défis à relever

Dès à présent, la plupart de nos territoires sont confrontés à plusieurs défis majeurs :

  • Faire face à la double contrainte tendancielle « baisse des recettes et augmentation des besoins et des aides à la population»
  • Susciter l’adhésion à leurs projets malgré la montée des égoïsmes/individualismes et de plus en plus souvent des conflits/recours
  • Anticiper en s’adaptant au risque climatique et à ses conséquences
  • Revitaliser/Dynamiser leurs territoire pour nombre d’entre eux
  • Éviter la disparition des activités essentielles à la vie locale/Diversifier le tissu économique local
  • Accompagner les évolutions démographiques (ex : baisse de la natalité et vieillissement de la population)
  • Recréer du lien social, un désir de vivre ensemble de la population

Un impératif commun = Un développement résilient

Notre offre pour un développement résilient

Afin de permettre votre développement dans ce contexte extrêmement éprouvant pour tous, nous vous proposons :

  • La revue d’ingénierie territoriale
    • Pour répondre à la question « Mon territoire, ma collectivité sont-ils organisés pour faire face à la crise systémique mondiale qui débute ? »
  • L’accompagnement à l’élaboration de votre projet de territoire pour :
    • Revitaliser/Dynamiser le territoire/Diversifier le tissu économique
    • Éviter la disparition des activités essentielles à la vie locale
    • Booster le lien social et la solidarité locale
  • Une aide au pilotage stratégique de vos projets/plans/programmes quel qu’ils soient (aménagement, climat…)
    • Pour susciter l’adhésion des parties prenantes (riverains, usagers, associations…) à vos projets et garantir leur soutenabilité dès le début d’un mandat électif
  • Les Oasis de la citoyenneté active
    • Pour recréer du collectif, du lien social et le désir de vivre ensemble
  • Une ingénierie d’arbitrage budgétaire (entre volonté d’action et impératif d’équilibre financier) dans l’intérêt général
    • Pour faire face à la double contrainte « baisse des recettes et augmentation des besoins/demandes»

Nos atouts

Une prise en compte anticipée de la marche du monde

L’approche globale (systémique) et finalisée (stratégique) qui nous caractérise vous garantis un développement en phase avec un monde en transformation accéléré

·Une méthode d’association des parties prenantes innovante

Afin de garantir l’adhésion de tous à vos projets, nous vous proposons une méthode qui permet de faire émerger les sujets au cœur des préoccupations des habitants et de co construire avec eux l’avenir de votre territoire

Notre écosystème

Raison d’être : Communauté d’élus organisés pour développer et partager leurs compétences en matière de résilience, d’intelligence collective et de conduite du changement.    

Pourquoi participer au Club des territoires résilients ?

  • Doter sa commune d’une stratégie de développement résilient
  • S’appuyer sur la force du collectif (principe de l’intelligence collective)
  • Rencontrer d’autres acteurs de la résilience – Développer son réseau
  • Conduire le changement ; susciter l’adhésion à ses projets
  • Compléter ses connaissances – Découvrir de nouveaux outils
  • Affirmer son leadership au sein de son écosystème local

Des réunions mensuelles (visio 12h30 à 14h) :

Voici le déroulement type des réunions du Club :

  • Analyse critique et stratégique de l’actualité pour mieux anticiper les évènements
  • Activité de la communauté : Valorisation, capitalisation d’une action entreprise par la communauté, préparation d’actions de communication, échanges de conseils et entraide
  • Présentation didactique d’un outil méthodologique contribuant à la résilience d’un territoire ou d’une entreprise locale (ex : ingénierie de conduite du changement, gestion équitable de l’eau, revitalisation du lien social de proximité, processus d’autonomie alimentaire, mise en place d’un écosystème local, indicateurs et tableau de bord de la résilience…)

Des rencontres thématiques (une demi-journée chaque trimestre)

En plus de l’ordre du jour du mois, chaque trimestre le Club s’attachera à traiter un des risques qui pèsent sur les territoires de proximité. A titre d’exemples, pourront être abordés les thèmes suivants :

  • Pénurie et hausse du prix des matières premières (énergie, alimentation, eau, ..).
    • Comment s’organiser à l’échelle locale pour garantir à la population un accès équitable et suffisant à ces ressources ?
  • Explosion sociale : Émeutes urbaines, mouvements sociaux qui dégénèrent, grèves, blocages d’usines, d’axes de circulation, de chantiers, dégradations d’équipements, etc.
    • Comment apaiser et éveiller les esprits ? Quelle médiation apporter ? Quelles solutions pour limiter l’impact économique des mouvements sociaux et des poussées de colère ?
  • Conflits d’intérêts : Guerre de l’eau, partage du foncier, affrontements entre écologistes/agriculteurs, mobilisation contre un projet, ZAD, bassines, implantation/extension d’une usine,  ..
    • Quels sont les thèmes potentiels de friction ? Comment éveiller et apaiser les esprits ? Quelle stratégie de développement du territoire ? Comment associer et mobiliser les parties prenantes à l’élaboration de cette stratégie ?
  • Crise budgétaire : Impossibilité d’équilibrer le budget de la collectivité sans tailler dans l’os.
    • Quelle ingénierie de l’arbitrage mettre en place ? Quelles sources de financement alternatives mobiliser ? Comment associer les acteurs locaux dans les décisions d’arbitrage ?
  • Accidents climatiques : Inondation, canicule, tempête, pollution, …
    • Quels sont les risques majeurs au regard des spécificités locales ? Comment éviter leur réalisation (prévention) ? Comment s’y préparer (réaction anticipée) ? Comment susciter l’adhésion des populations ?

Droit annuel d’adhésion au Club : 3 800 ht euros

« La liberté, ça n’est pas de faire ce que l’on veut, mais c’est de vouloir ce que l’on fait ». Bossuet

Nous entrons dans une période de forte incertitude et d’instabilité. Or, plus un individu se retrouve dans des situations imprévues, plus il doit faire preuve d’intelligence situationnelle : Analyser, comprendre, évaluer les attitudes possibles, décider de ce qui lui semble être la meilleure solution.

Malheureusement, depuis plusieurs années, les règlements, interdits et admonestations se multiplient jusqu’à l’absurde : Interdiction de rouler à bicyclette ou de laisser son chien sans laisse dans un parc désert ; interdiction de sortir de chez soi après 18h mais obligation d’aller travailler le lendemain.

Aujourd’hui, après des années d’infantilisation (notamment les deux années de doctrine sanitaire qui nous ont été infligées), nombre de français adoptent des comportements de zombis appliquant avec plus ou moins de zèle des règlements parfois humiliants souvent inadaptés.

Certains par peur du gendarme, d’autres pour s’accrocher à un semblant d’ordre. Dans les 2 cas, point d’intelligence à l’horizon.

Pire pendant la pandémie, certains de nos compatriotes sont allés jusqu’à dénoncer un voisin qui sortait son chien pendant le couvre-feu pendant que d’autres n’hésitaient pas à s’ériger en ayatollah du masque (faute de foulard 

Aujourd’hui, une partie de la population sans doute en perte de repères, revendique le retour à des règles vieillottes, à un ordre rance (se lever lorsque l’instituteur rentre et chanter la Marseillaise (ou l’Ave Maria) devant le portrait de l’être suprême (ou de la vierge).

La montée des intolérances :

  • Faute d’être heureux, certains s’échinent à faire le malheur des autres. Que dire de tous ces aigris/égoïstes qui appellent la police lorsqu’un voisin fête son anniversaire après 22h ou qu’il entreprend des travaux de rénovation 2 samedis de suite.
  • Ou de ceux qui intentent un procès à leur voisin pour obtenir qu’il abatte le magnifique cerisier qui leur fait ombrage ; qui exigent de la mairie qu’elle interdise à la cloche de sonner, au coq de chanter

Pourtant, à jouer aux applicateurs zélés de règles hors sol, à vouloir tout interdire s’enclenche une spirale régressive et dommageable pour le vivre ensemble. Plutôt que de chercher à interdire tout à son voisin, il faudrait plutôt se poser la question « En quoi, puis je lui faciliter la vie ? »

Soyons clair. Pour fonctionner, une société humaine a besoin d’un minimum de règles (normes sociales) mais l’empilement de règles tue les libertés individuelles et finit pas aliéner. Le vivre ensemble devient alors une souffrance.

Il est urgent de faire appel à l’esprit de responsabilité et à l’intelligence situationnelle plutôt qu’à l’accumulation d’interdits et de réglementations.

Dans leur immense majorité, les Français sont responsables et raisonnables à la ville comme aux champs. Alors pourquoi toujours leur faire payer le comportement d’une minorité ? Une démocratie adulte miserait sur l’esprit de responsabilité ; quitte à sanctionner a posteriori les quelques irresponsables.

Règle fondamentale : Responsabiliser un individu puisqu’il s’agit bien de cela, suppose de lui laisser le choix d’appliquer ou non la règle. Libérer pour responsabiliser.

Encore un fois, la doctrine sanitaire, policière et judiciaire appliquée durant la pandémie nous a fourni l’exacte contraire de ce qui aurait permis aux français de se sentir responsable.

Le slogan publicitaire martelait à longueur de journée « Tous responsable ». Mais en vérité, il fallait comprendre : « Ne réfléchis pas, ne juge pas…. Tais-toi et obéis »

Pour faire face à l’avenir, il est urgent de :

  • Réapprendre aux gens à analyser, évaluer les situations
  • Valoriser l’initiative individuelle
  • Alléger les règlements

C’est si bon de voir un chien se promener sans laisse dans un parc désert 🙂

À voir. Le film « Je suis une légende » (2007) réalisé par Francis Lawrence

Le conseil de grand-mères : Faites preuve de tolérance. Arrêtez d’appliquer des règlements qui vous semblent inappropriés à la situation que vous vivez. « Liberté, égalité, fraternité » s’affichent sur le fronton de nos mairies mais pas « obéissance » qui relève de l’Ancien régime. Soyez un roseau pensant !

Good night and good luck

Contexte et enjeux :

L’impératif de lutte contre le dérèglement climatique s’impose aux territoires. Ces derniers chercheront de plus en plus à réduire leur empreinte carbone et à réduire leur exposition au risque climatique en s’appuyant en priorité sur leurs ressources locales. Ce nécessaire effort de résilience territoriale requière la contribution de l’ensemble des parties prenantes : Services de la collectivité, associations, entreprises, commerçants, et bien sûr des habitants.

Dans ce contexte, les collectivités et entreprises locales doivent maîtriser l’ingénierie et les compétences leur permettant de garantir le caractère résilient de leurs projets d’aménagement, de revitalisation, de construction/rénovation, … et d’éviter les conflits, blocages et oppositions de plus en plus fréquents et musclés.

Objet et vocation du Cluster : Il est constitué de collectivités et d’entreprises souhaitant développer leur résilience et celle de leurs projets en misant sur l’intelligence collective. Chaque membre du Cluster désigne l’un de ses collaborateurs (en tant que référent) pour le représenter au sein du dispositif. Le cluster permet à ses membres de développer et de mutualiser leurs compétences pour assurer la réussite de leurs projets.

Profil type des participants : Élus, DGS, Directeurs de programme et de service, Chefs de projet, PMO ou Référents Résilience

Projets concernés : Tout projet structurant (projet d’aménagement, de construction/rénovation, de revitalisation, élaboration et déploiement de plans climat, d’autonomie alimentaire, de gestion de l’eau, de mobilité… ).

Bénéfices attendus :

  • Développer la résilience (*) de vos projets structurants
  • Partager/mutualiser réflexions et innovations avec d’autres territoires (principe de l’intelligence collective) et d’autres entreprises
  • Affirmer un positionnement de collectivités et d’entreprises innovantes

(*) Neutralité carbone, recours optimisé aux ressources locales et mobilisation maximale de l’intelligence collective.

Apports opérationnels du Cluster :

  • Montée en compétence du référent participant au cluster au fil des webinaires et des échanges
  • Fertilisation croisée, échange d’expériences et entraide entre les membres du cluster
  • Accès à l’ingénierie de résilience (outils et méthodes)
  • Constitution et partage d’une banque d’expériences
  • Mise en relation qualifiée avec notre éco système d’experts thématiques (démocratie participative, agence de communication, institut de sondage/enquête, agroécologie,…) en cours de constitution

Organisation opérationnelle :

Le cluster auquel nous vous proposons d’associer l’un de vos collaborateurs se déroule selon un cycle annuel comprenant :

  • 5 webinaires (Zoom) d’une demi-journée permettant aux membres de présenter l’avancement de leur(s) projet(s), de s’entraider et à notre consultant de répondre à leurs questions et de leur fournir conseils et recommandations
  • Un séminaire à Paris (en juin) d’une journée permettant une capitalisation croisée des projets les plus aboutis ; des échanges structurés autour des meilleures pratiques et traitement des difficultés
    • Les dirigeants des entreprises adhérentes au cluster seront invités à participer à ce séminaire
  • Un espace de collaboration en ligne (plateforme Acollab) incluant :
    • Une base de connaissances structurée (outils méthodologiques, projets capitalisés)
    • Une messagerie
    • Des forums thématiques

Déroulement type d’un webinaire (durée 3 heures) :

  • Tour de table des news (lancement de nouveaux projets, inauguration, publication d’experts, revue de presse,  ..)
  • Point d’avancement des projets depuis le dernier webinaire
  • Commentaires, suggestions de notre consultant, réponses aux questions des participants
  • Formation flash sur l’un des axes de travail du cluster (management de projet, conduite du changement, mobilisation de l’intelligence collective, …)

* Le choix des thèmes de formation flash sera effectué lors du webinaire précédent (en tout cas au moins un mois avant)

Base de connaissances structurée :

  • Processus projet : Depuis l’avant-projet jusqu’à sa capitalisation, l’ensemble des étapes d’un projet selon la certification PMI enrichi de l’impératif de résilience
  • L’ingénierie de gouvernance et de pilotage à déployer
  • Les instances démocratiques locales permettant la mobilisation de l’intelligence collective (Agorapolis)
  • La stratégie de conduite du changement et de communication
  • Les leviers de résilience d’un projet (mobilisation de l’intelligence collective, l’économie de l’usage, l’analyse fonctionnelle, …)
  • La boîte à outils de la résilience locale (centrales villageoises, les ressourceries, les tiers-lieux, le crowdfunding, ..)

Cycle annuel des rencontres

  • Webinaires : septembre, novembre, janvier, mars, mai
  • Séminaire de capitalisation fin juin-début juillet

Droit annuel d’adhésion au cluster : À partir de 3 800 ht euros

Contexte : En début de mandat, les élus locaux (notamment les nouveaux élus) chercheront à évaluer les atouts et handicaps de leur commune au regard de la crise systémique de plus en plus perceptible.

Objet et finalité : Dispositif permettant aux collectivités locales de répondre à la question « Mon territoire, ma collectivité sont-ils organisés pour faire face à la crise systémique qui débute ? »

Objectif(s) opérationnel(s) : À l’issue de l’intervention, la collectivité disposera :

  • D’une évaluation objective de la qualité de son ingénierie de développement territorial
  • D’une identification des principaux axes d’amélioration de cette ingénierie que ce soit en matière de démocratie locale, de suivi de la performance territoriale, de pilotage des projets (aménagement, construction …)
  • De recommandations : Feuille de route des outils et actions de progrès à mettre en œuvre

Processus d’accompagnement (formation action, audit et team building) :

  • Désignation des participants au dispositif : Élus et acteurs du territoire
  • Préparation et animation d’un séminaire d’échanges avec ces personnes sur les thèmes suivants :
    • Tendances lourdes économiques, sociales, culturelles, technologiques, …
    • Evolution prévisible des territoires dans un contexte international et national instable
    • Résilience territoriale : définition, contenu et indicateurs
    • Etat de l’art en matière d’ingénierie de développement (projets de territoires, de revitalisation de centres bourgs, «action cœur de ville », ..)
    • Stratégie de développement d’un territoire, d’une collectivité : étapes, outils et instances
    • Présentation des conditions de déroulement de la revue d’ingénierie
  • Analyse des outils mis en place par la collectivité pour assurer son développement : projet de territoire, portefeuille de projets/d’actions, tableau de bord et observatoire, site internet, …
  • Interviews de personnes ressources (services de la collectivité, élus, acteurs locaux)
  • Préparation de la synthèse de la revue d’ingénierie et du séminaire de restitution
  • Séminaire de restitution permettant aux participants de :
    • S’approprier collectivement la synthèse de la revue (forces et limites de l’ingénierie actuelle)
    • Dégager des priorités, des axes de progrès en matière d’ingénierie de développement
    • Etablir un plan d’action opérationnel

Définition ingénierie territoriale : Ensemble des fonctions, outils et instances mis en œuvre par un territoire pour assurer son développement. Une ingénierie territoriale doit permettre d’organiser les 5 phases du cycle de développement d’un territoire :

Approche adoptée : Dans un contexte de mise à l’épreuve de la mondialisation et des « démocraties », il s’agit pour les élus de booster la résilience de leurs territoires en s’appuyant sur quelques principes vitaux :

  • Un développement responsable (substainable development) à la hauteur de l’urgence écologique
  • La recherche de bonheur et de « bien vivre ensemble » en tant que paradigmes (finalités premières)
  • Un développement souverain (priorité à la production locale et au développement endogène)
  • Une démarche citoyenne
  • Au total, un modèle de développement émancipateur pour les économies locales et les acteurs locaux

Les 8 indicateurs d’évaluation de la qualité d’une ingénierie territoriale :

  • L’adoption d’une approche systémique du développement ; c’est à dire :
    • Globale : prise en compte de l’ensemble des fonctions et processus de vie dans un territoire (mobilité, santé, éducation, économie, sécurité, ..)
    • Finalisée : la recherche de bien être et de qualité de vie du plus grand nombre en tant que finalité première
  • La priorité donnée à un développement endogène : souveraineté économique et alimentaire
  • La priorité donnée à un développement responsable : développement équilibré, circuits courts, économie circulaire, consommation raisonnée, lutte contre le réchauffement climatique, ..
  • Un projet de territoire qui prenne en compte les données environnementales :
  • Recherche de complémentarités avec les territoires de proximité
  • Adaptation aux tendances lourdes (technologiques, sociétales, ..)
  • Capitalisation des meilleures pratiques territoriales
  • Une large participation des habitants au diagnostic territorial et aux décisions locales
  • La déclinaison des ambitions du territoire en projets et plans d’actions opérationnels
  • La mise en place d’une ingénierie de pilotage multi projets efficace
  • L’existence d’un reporting permettant aux élus, décideurs territoriaux mais également aux habitants de suivre en toute transparence l’évolution de la performance territoriale

Contexte : Multiplication des accidents climatiques, creusement des inégalités et fracture sociale, montée des tensions internationales et des risques de guerre, instabilité politique et panne démocratique, augmentation de la pauvreté et de la précarité, stagnation économique et dégradation des services publics…

Notre pays est confronté à une crise globale (mondiale) et généralisée (écologique, géopolitique, sociale, économique et démocratique) qui impacte ou impactera l’ensemble des collectivités locales.

En ce début de mandat, il revient aux élus locaux -malgré cette montée des menaces et des incertitudes- de doter leur territoire d’une stratégie porteuse d’avenir en phase avec un monde en transformation accélérée.

Objet et finalité : Accompagnement permettant aux collectivités locales de se doter d’une stratégie adaptée à l’impératif de résilience et portée par les habitants

Objectif(s) opérationnel(s) : À l’issue de l’intervention, la collectivité disposera d’un projet stratégique à la fois :

  • Porté et supporté par les habitants
  • Adapté à l’impératif de résilience
  • Opérationnel et agile (organisé en mode projet)

Le processus d’élaboration d’un projet de territoire (ou de revitalisation) :

Acteurs & parties prenantes :

  • Le Comité de gouvernance (ou MOAS) constitué de tout ou partie des élus et qui décide des ambitions, des objectifs et actions de progrès
  • Le Comité de pilotage qui assure la coordination des projets et actions de progrès. Il est piloté par un Directeur de projets (dans le cas d’un projet de territoire) ou un Directeur de programme (dans le cas d’un programme de revitalisation et action cœur de ville)
  • Le PMO (Référent projet en français) qui met en place et ajuste l’ingénierie de projet aux besoins du territoire et de ses projets
  • Les chefs de projet(s) et pilotes d’actions de progrès qui s’appuient sur les contributeurs (prestataires, habitants, notamment)
  • Services de la collectivité
  • Préfecture et services de l’Etat concernés (ANRU, DREAL, DRIRE, ABF…)
  • Co-financeurs (Région, Département)
  • Associations et entreprises locales
  • Habitant/Résidents

Il ne s’agit pas de faire table rase de l’existant en la matière mais de compléter l’ingénierie dont vous disposez et de parfaire la formation des acteurs de votre territoire.

Contexte : La tectonique des foules (montée des égoïsmes et incapacité croissante à vivre ensemble), la dégradation de la situation écologique et économique et le fait que nombre d’élus seront élus à une très courte majorité constitueront autant de possibilités de conflits et d’oppositions autour des projets.

Objet et finalité : Accompagnement permettant de susciter l’adhésion aux projets impulsés par la collectivité locale (sous réserve d’être légitimes)

Objectif(s) opérationnel(s) : À l’issue de l’intervention, la collectivité disposera d’un projet :

  • Soutenable : Adapté au besoin de résilience du territoire
  • Soutenu : Porté et supporté par les habitants

Processus d’accompagnement :

  • État des lieux du projet dans son environnement
  • Adaptation de l’ingénierie Agorapolis aux spécificités du projet
  • Déploiement d’Agorapolis