La lutte contre le dérèglement climatique et la crise énergétique nous imposent un changement de comportement radical ; à la fois individuel et collectif : limiter sa consommation de viande, l’utilisation de la voiture, de l’avion, de Netflix, réparer et prolonger la vie des produits plutôt que les jeter…

On sait déjà tout cela. Reste à passer à l’acte pour l’essentiel.

Or, si l’on veut éviter le passage en force (réglementer, interdire, culpabiliser, punir) que nous avons déjà connu pendant la dernière pandémie, il va falloir susciter l’adhésion du plus grand nombre d’entre nous à ce changement de pratiques. La préservation de la planète ne devant pas se réaliser au détriment de la démocratie.

Ce qui ne sera pas une mince affaire tant les prétextes à l’inaction sont puissants :

  • Procrastination : Toujours remettre à plus tard le changement
  • Foi : Croyance en une chimère scientiste qui permettrait demain de capter le CO2 dans l’atmosphère
  • Égoïsme : « Tant qu’il y aura de l’eau pour remplir ma piscine »
  • Inconscience, voire le déni de réalité : « Il n’y a pas de problème » ou bien « On exagère quand même un peu »

Sachant que les changements de comportement résultent plus fréquemment d’échanges de proximité (famille, amis, collègues, partenaires sportifs…) que d’une révélation spontanée ou provoquée par des campagnes nationale de communication, les collectivités locales et les associations devraient (certaines ont déjà commencé) organiser ce processus de changement.

Rappels de quelques fondamentaux en matière de conduite du changement

Signification de la notion de changement : Changer à l’échelle d’un individu ou d’un groupe consiste à passer d’un comportement A (comportement initial) à un comportement B (comportement cible). Ce passage du point A au point B requière de l’individu un effort sur lui-même (ex : arrêter de fumer).

Or, nous sommes d’autant moins enclins à produire un effort que :

  • Le changement envisagé nous semble dégrader notre essentiel (« c’est trop me demander que de renoncer à … » ; « C’est trop de sacrifices »)
  • L’effort nous semble hors de notre portée (« je n’y arriverai pas »)
  • L’effort de changement semble différable («La planète ne va pas prendre un degré de plus si je prends l’avion encore une fois ». « De toute façon, qu’est-ce que je risque personnellement ? », « on verra bien l’année prochaine »)

Les 3 phases du processus de changement.

Faciliter, encourager un changement de comportement d’un individu ou un groupe d’individu suppose d’organiser les 3 phases du changement :

  • Le dégel (ou décristallisation) : il s’agit d’amener l’individu à prendre conscience de la nécessité de changer son comportement non pas sous la menace de punition (sinon retour à la case dictature) mais dans son intérêt ou celui de ses proches. Sur le thème de la sobriété, il s’agit d’amener les individus à réaliser qu’elle est synonyme non pas de sacrifice mais de mieux vivre (faire des économies, s’attacher à l’essentiel, savourer l’intensité de la cérémonie du thé)
  • L’accompagnement du changement de comportement : Il s’agit de fournir à l’individu les moyens lui permettant de concrétiser son désir de changement (« je suis déterminé à arrêter de fumer. Pouvez-vous m’aider ? »)
  • L’institutionnalisation du changement. Cette phase consiste à pérenniser le changement de comportement ; à éviter un retour à l’ancien comportement (ex : la personne qui se remet à fumer au moindre prétexte).

Sachant que la réussite de la phase de dégel conditionne la suite du processus, voici quelques conseils à l’intention des décideurs et acteurs locaux :

  • Encourager les habitants à jeter un regard critique sur leurs perceptions, à remettre en question leurs pratiques
  • Démontrer la nécessité du changement, le justifier en précisant les enjeux, les bénéfices attendus
  • Faire émerger la représentation du changement que se font les parties prenantes et qui permet le plus souvent de relativiser l’effort à produire pour y parvenir
  • Écouter les expressions de résistance et manifester de l’empathie pour celui ou celle qui les exprime
  • Établir ou mieux, faire établir par les individus des objectifs de changement ambitieux mais réalistes
  • Proposer des récompenses en cas de réussite du projet et/ou des contreparties aux nuisances du projet
  • Obtenir le soutien actif de prescripteurs reconnus
  • Valoriser, mettre en avant quelques success stories

Dans la boite à outil à la disposition collectivités locales et des associations, on peut citer :

  • Les groupes de paroles : Sur le principe des thérapies de groupe, ils permettent aux habitants d’échanger sur leurs difficultés du quotidien et à l’aide de l’animateur d’identifier ce qu’ils pourraient/devraient modifier dans leur comportement de consommateur mais aussi comment lever les obstacles à ce changement
  • La newsletter et médias locaux proposant des témoignages de pairs ayant réussi le changement, des conseils pratiques, ..
  • Le Défi ou challenge lancé aux habitants. La collectivité locale organise à un appel à solutions (ex : « comment rendre possible et désirable un centre-ville totalement piétonnier ? »)
  • Les cercles thématiques (ex de cercle «produire/manger local et bio ») : Ils peuvent être déclinés à l’échelle de chaque quartier et de chaque processus de vie (logement, mobilité, santé, …)
  • Interview et témoignages de pairs et de prescripteurs/influenceurs reconnus
  • Les conférences/débats réunissant des sachants et les habitants
  • Les visites de sites pilotes, de show rooms (expo de la lowtech, de la perma culture, itinérance d’ambassadeurs locaux dans les territoires les plus en pointe,..)
  • Ateliers pédagogiques : des jeux, des activités de groupe sont proposés (ex : la fresque du climat, repair workshops)

2022 : L’été de trop !!??

Sécheresse, canicules, méga feux, inondations, rationnements de l’eau, … et peut être à la rentrée, nouveaux épisodes Cévenol.

Face à un changement/Dérèglement climatique qui s’inscrit dans la durée (au moins 30 ans) et nous frappe tous de plus en plus fort au quotidien, espérons que cet été sans fin aura permis à quelques millions de français supplémentaires de prendre conscience de la gravité de la situation.

Mais combien seront-il dans les prochains mois à se mobiliser concrètement pour qu’enfin soient mises en œuvre les recommandations du GIEC, du Shift project et de l’ensemble de la communauté scientifique ?

Pourtant si l’on mérite ce dont on hérite, il est urgent de mettre fin au greenwashing et d’agir vraiment et enfin à 4 niveaux :

  • L’état et ses administrations
  • Les collectivités locales
  • Les entreprises au sens large
  • Les citoyens sachant que les gentils colibris ne pèsent -mais c’est déjà beaucoup- que pour environ 20% de l’empreinte carbone mondiale.

Il s’agit de passer de la résistance vaine à une récession structurelle annoncée (*) à celle d’acteurs résilients dans un monde en transformation rapide.

(*) Récession à rebonds probable du fait des menaces à C/M/L terme : Tensions géo politiques et commerciales, pandémies, nouveaux accidents climatiques, conflits sociaux, ..

Car si nous attendons plus longtemps, le risque est grand que face à la vague qui se rapproche, les phénomènes les plus délétères -déjà à l’œuvre- ne l’emportent :

  • Guerres et conflits de ressources (eau, foncier, énergie, ..)  
  • Eco-anxiété, découragement et paralysie
  • Replis sur soi (bunkérisation des pays, des villes, des quartiers et des citoyens)

Comment lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

Précision : Face à un risque quel qu’il soit, il existe plusieurs attitudes possibles :

  • L’inaction (On fait comme si le risque n’existait pas. On ne le traite pas) mais la France a déjà été condamnée pour inaction climatique
  • L’élimination du risque (Réduire à zéro le risque d’accidents climatiques). Ce qui dans le cas présent est irréaliste
  • La diminution ou l’atténuation du risque (Réduire notre empreinte carbone afin de limiter le réchauffement climatique et ses conséquences)
  • L’adaptation (qui ne cherche pas à diminuer le risque mais à réduire la gravité de ses conséquences s’il venait à se réaliser. Ex : on construit des digues pour se prémunir d’un éventuel raz de marée ou on prend une assurance prémium)

Sachant que les 2 premiers traitements ne sont pas raisonnables, reste à investir massivement dans l’atténuation et l’adaptation.

Or, plus nous retardons notre effort d’atténuation plus nous nous condamnons à une situation intenable : montée exponentielle des coûts d’adaptation/réparation/dédommagement avec au final la menace d’effondrement du système d’assurance et/ou la précarité climatique pour de plus en plus de français dans l’incapacité financière de s’assurer correctement.

2 axes d’atténuation du risque climatique :

  • La recherche de sobriété (la réponse à court terme)
  • L’investissement massif dans des solutions et technologies propres ou « vertes » (une réponse à moyen/long terme)

Sachant que les 3 prochaines années seront déterminantes (**) dans le combat contre le réchauffement climatique, la sagesse incite à opter immédiatement pour la sobriété.

(**) Pour rester sous un réchauffement global de + 1,5 °C, les émissions de gaz à effet de serre doivent atteindre un pic au plus tard d’ici à 2025 – dans trois ans, donc. Puis elles doivent diminuer de moitié d’ici à 2030. Ce qui signifie qu’il faut une action immédiate. Et non pas que nous pouvons encore attendre 2025 pour réagir avant la catastrophe.

Le référentiel de la sobriété

Que ce soit à l’échelle collective (nation, territoire, entreprise) ou individuelle, voici les actions qui peuvent être engagées en matière de sobriété :

  • Consommer/utiliser avec modération/raison
  • Réutiliser/transmettre
  • Éviter les gaspillages, les sur équipements, les gadgets
  • Faire par soi-même, utiliser sa propre énergie (fermer sa porte, préparer ses repas, éteindre la lumière, ..)
  • Entretenir, prendre soin de ses équipements
  • Recycler
  • Réparer les produits et équipements
  • Partager/mutualiser
  • Privilégier les low techs, les produits locaux et à faible empreinte carbone
  • Boycotter/pétitionner/réaliser actions de lobbying (***)
  • Informer/sensibiliser/former les autres sur la nécessité de résilience
  • Rassembler, coordonner les intelligences locales, les actions vertueuses
  • Inciter/valoriser/récompenser les initiatives vertueuses
  • Équiper/outiller les autres  
  • Financer/investir les produits et technologies vertueuses
  • Interdire/taxer/contingenter/punir

(***) De plus en plus de consommateurs et d’associations de protection de la nature multiplient et musclent leurs actions.

Les obstacles à la sobriété

Ils ne sont pas techniques puisque l’on sait déjà ce qu’il faudrait faire mais d’abord culturels/idéologiques et physiologiques/situationnels.

L’obstacle culturel et idéologique :

Il réside dans la difficulté à obtenir un changement de comportements de la part d’organisations et d’individus conditionnés depuis près d’un siècle par le « consommer/produire plus, c’est exister » ; cette injonction culturelle à toujours plus consommer, à produire toujours plus, à exploiter jusqu’à la lie la planète et le vivant constitue encore le leitmotiv majoritaire du Sapiens économicus.

Ainsi pour la plupart de nos contemporains, sobriété et frugalité sont encore synonymes de régression, de renoncements, de sacrifices alors qu’objectivement et à titre d’exemple les végétariens qui ont fait ce choix ne sont pas plus malheureux que les carnivores.

Dans ce contexte, les prétextes à l’inaction climatique ne manquent pas :

  • « La France ne représente qu’une goutte d’eau dans l’empreinte carbone mondiale. Les Chinois et les Américains n’ont qu’à montrer l’exemple
  • La vertu écologique, c’est pour les bobos. Je n’ai pas d’autre choix que de rouler au diesel
  • Pourquoi devrais-je me priver de viande alors que mon voisin prend l’avion pour un weekend ?!
  • Bernard Arnault et son jet privé sont-ils taxés ? J’attends »

Si l’on veut éviter une fois de plus la contrainte, la punition, l’infantilisation, il nous faut donc rapidement transformer nos imaginaires, réenchanter nos parcours de vie, rendre désirable d’autres choix de société, d’autres pratiques individuelles et collectives.

Des sociétés et des comportements fondés sur le Care ; c’est-à-dire non plus sur le culte de l’enrichissement matériel, de la réussite individuelle et de la consommation ostentatoire mais sur le partage, la solidarité, la convivialité et la consommation/production raisonnées. Liberté, égalité, fraternité face au défi climatique en quelque sorte.

A priori, cela semble à notre portée tant les dégâts du libéralisme deviennent insupportables pour la planète et ceux qui l’habitent.

Encore faut-il mettre fin aux mythes de la croissance infini et de la mondialisation heureuse pour enfin concrétiser l’utopie de sociétés fondées sur ce Care.

N’oublions pas que l’utopie libère là où le mythe aliène.

Suite le mois prochain

Vous avez dit Upcycling ?

L’upcycling (ou surcyclage revalorisant) consiste à récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité supérieure. Il s’agit donc d’un recyclage « par le haut ».

S’ils relèvent tout deux du domaine de l’économie circulaire, surcyclage et recyclage ne doivent pas être confondus. Le recyclage implique un processus de transformation qui inclut la plupart du temps une dépense en énergie et/ou en eau alors que l’upcycling ne transforme pas les objets chimiquement. Les matériaux ou produits qui ne sont plus utilisés sont récupérés dans leur intégralité, afin de les revaloriser tels quels.

Apports de l’Upcycling :

  • Réduction de l’empreinte carbone
  • Stimulation de l’ingéniosité (invitation à réfléchir, à concevoir et à réaliser un produit avec les « moyens du bord »)

Jusqu’à présent cantonné pour l’essentiel aux productions en petites séries (la haute couture et le design), les applications industrielles commencent à émerger : vieux bateaux transformés en logements, briques en textile usagé pour la construction et l’ameublement, fabrication de meubles à partir de déchets de chantier, …

Phénomène très encourageant. A suivre et à soutenir

Lors des dernières élections municipales, un nombre conséquent d’élus locaux ne s’étaient pas représentés. Crise de la vocation sans doute due (tel Sisyphe) au sentiment d’épuisement vain : tracassements administratifs, entraves juridiques, sentiment de solitude, agressivité de certains habitants, ..

Depuis la situation du pays ne s’est pas améliorée et -à moins d’un changement radical de politique- risque de se dégrader dans les prochaines années. On peut s’attendre en effet à :

  • Une augmentation de la pauvreté et de la précarité
  • Une montée des tensions sociales et des égoïsmes (sauve qui peut et chacun pour soi)
  • Une paupérisation des services publics et de la protection sociale
  • Une multiplication des accidents climatiques

Alors que faire pour réussir son mandat d’élu local malgré tout ?

Au jeu du « Déconseillé – Recommandé », voici quelques conseils :

Déconseillé : Dans 3 ans, chercher à vendre son bilan aux électeurs en s’appuyant sur une liste de réalisations ou d’efforts entrepris par la collectivité. Peine quasiment perdue car les gens jugent à l’aune de leur vécu quotidien et des réponses apportées à leurs difficultés et attentes concrètes.

Recommandé : Régulièrement au cours de ce mandat (et avant qu’il ne soit trop tard), organiser une enquête indépendante (nous proposons l’instauration d’un baromètre de qualité de vie) permettant aux habitants d’évaluer leur qualité de vie sur les 11 processus de vie (2) et s’appuyer sur la population elle-même pour apporter des solutions aux problèmes rencontrés. Ainsi, les électeurs se déplaceraient pour plébisciter la poursuite de ce processus collectif d’amélioration continue auquel ils participeraient.

Déconseillé : Se représenter en s’appuyant sur un programme et des promesses. Nous entrons dans une période de crise systémique synonyme d’incertitude et d’instabilité. Alors pourquoi s’évertuer à faire des promesses auxquelles plus grand monde ne croit (près de 70 % de taux d’abstention en 2020).

Recommandé : Pas de programme mais une seule promesse. Se porter garant du respect des principes républicains « Liberté, égalité, fraternité » aujourd’hui bien malmenés à l’échelle nationale :

  • Organiser une véritable respiration démocratique permettant d’associer l’ensemble des habitants à la gouvernance du territoire
  • Défendre les libertés individuelles, incarner l’esprit de tolérance et de convivialité
  • Protéger les biens communs (eau, air, foncier, espace public, services publics, …) de toutes les formes de prédation

Comment concrètement mettre à profit 2023 ?

Les débuts d’année riment traditionnellement avec vœux et bonnes résolutions. Alors espérons que les élus locaux mettent à profit cette année déterminante pour engager résolument leur territoire sur la voie de la résilience.

5 moments forts proposés aux élus locaux pour 2023

Convaincre son conseil municipal (y compris l’opposition) d’affirmer comme priorité absolue du territoire la recherche de résilience. Il s’agit de se donner les moyens de :

  • La neutralité carbone
  • L’autonomie locale (alimentaire, énergétique, industrielle, sanitaire, recours privilégié aux ressources locales ..)
  • La mobilisation massive de la population au sein d’instances de démocratie locale
  • L’amélioration de la qualité de vie du plus grand nombre (et d’abord des plus en difficulté) en misant sur la solidarité et le partage

Sur chacune de ses priorités, se fixer des objectifs ambitieux mais réalistes.

Pour être certain d’en finir avec le greenwashing et le citizen washing, choisir avec son conseil municipal un angle d’attaque permettant de concrétiser l’effort de résilience. On distingue 3 angles d’attaque :

  • Petits cailloux. La collectivité s’appuie sur les habitants pour mener à bien un projet modeste mais vertueux, suivi d’autre projets complémentaires et plus ambitieux
  • Grande cause (1). Les habitants sont mobilisés pour concevoir des solutions opérationnelles (type plan d’action) permettant de relever un défi
  • Projet (de territoire) d’ensemble. Les habitants sont invités à prioriser les processus de vie (2) méritant une amélioration, puis à proposer des solutions opérationnelles et des plans d’action

Installer des instances de démocratie inclusive permettant aux habitants de concevoir et proposer les solutions à mettre en œuvre quel que soit l’angle d’attaque retenu. Nous proposons le déploiement d’Agorapolis (ingénierie comprenant conseil citoyen, clubs thématiques et forums ouverts).

S’appuyer sur une communication moderne et percutante pour mobiliser l’essentiel de la population et faire appel à l’intelligence collective au quotidien.

Organiser son agenda d’élu de manière à consacrer l’essentiel de son temps à soutenir les initiatives des collectifs d’acteurs locaux (habitants, entreprises et associations locales). Ce qui nécessitera d’éviter de se perdre en conseils d’administration et en réunions techniques. En univers incertain, les citoyens n’attendent pas (ou plus) d’un élu local qu’il se comporte en :

  • Héro ou sauveur du monde
  • Technicien ou expert de tous les sujets
  • Programmateur ou décideur génial

… Mais en coach de territoire, en facilitateur social qui :

  • Apporte une vision globale et finalisée de la marche du monde et des défis à relever
  • Stimule, encourage et régule la démocratie et l’intelligence collective permettant de relever ces défis

Good night and good luck

(1) Les grandes causes du développement résilient

  • La recherche d’autonomie (alimentaire, énergétique, sanitaire, monétaire, ..) et la relocalisation des activités essentielles
  • La prévention collective des risques exogènes (climatiques, sanitaires, géo politiques, ..)
  • La gestion partagée et apaisée des biens communs (eau, forestier, air, foncier,..)
  • L’effort de neutralité carbone et de sobriété : De la contrainte au choix de société
  • La lutte solidaire contre la pauvreté et la précarité
  • L’organisation locale d’une mobilité douce (pour le porte-monnaie, la planète et la convivialité)

(2) Les processus de vie locale

  • Se nourrir (alimentation)
  • Se loger (logement)
  • Outiller/équiper (industrie et artisanat)
  • Energétiser
  • Sécuriser/Protéger
  • Soigner
  • Eduquer
  • Divertir
  • Rapprocher (transport et communication)
  • Environner
  • Gouverner (démocratie locale)

Un projet, c’est du carbone et de l’argent !

Ainsi, dans un contexte de crise systémique (notamment climatique et économique), il deviendra de plus en plus difficile d’engager un projet structurant (aménagement, immobilier, notamment) pour au moins 3 raisons :

  • Le manque d’argent (le budget des collectivités sera de plus en plus sous pression)
  • L’exigence de réduction de l’empreinte carbone
  • La fragmentation sociale et la montée des tensions (article « La tectonique des foules »)

Dans ce contexte, chaque projet d’envergure doit être le résultat d’un arbitrage éclairé (étude d’opportunité intégrant l’impératif de résilience) et d’un processus de mobilisation de l’intelligence collective qui implique au maximum l’ensemble des parties prenantes.

Avant de lancer le projet, évaluez a priori sa recevabilité climatique et sociale

Pour être recevable climatiquement, un projet devra de plus en plus démontrer sa contribution à la résilience du territoire :

  • Réduction de l’empreinte carbone du territoire (neutralité carbone au minimum)
  • Contribution à l’autonomie locale (alimentaire, énergétique, industrielle, sanitaire, recours aux ressources locales ..)
  • Mobilisation de l’intelligence collective
  • Contribution à l’amélioration de la qualité de vie du plus grand nombre (à l’intérêt général)

L’absence ou le manque de recevabilité climatique expose le projet (et ses promoteurs) au risque de conflit avec tout ou partie des parties prenantes, ou de conflits entre parties prenantes (ex : affrontement entre « les pour » et « les contres » à propos des bassines).

Dans tous les cas, avant de lancer votre projet, réalisez une cartographie des parties prenantes rigoureuse pour identifier les forces en présence et les points de tension potentiels.

Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à un projet si sa recevabilité sociale est faible dès lors qu’il est porteur de résilience (et donc de sobriété). Mais il faudra dans cette éventualité, adopter une stratégie de conduite du changement adaptée.

Les stratégies de résolution de conflits

Face à un conflit prévisible ou constaté, plusieurs stratégies sont à votre disposition

  • Le compromis : le projet est modifié, aménagé de manière à satisfaire les attentes des différentes prenantes. Celles-ci sont souvent amenées à faire des concessions.
  • La compétition (stratégie gagnant-perdant) : la direction du projet donne raison à une partie des parties prenantes avec le risque de se retrouver en conflit -en tout cas de susciter une opposition- de la part des autres. Cette stratégie peut se justifier dans le cas bien sûr où la raison et le courage ne s’accommodent pas de demi-mesures et de compromis.
  • La sublimation («plutôt que de vous disputez la couleur de la moquette, vous feriez mieux de m’aider à éteindre le feu qui gagne la maison»). Plutôt que de s’engager sur la voie de la négociation et des compromis, la direction du projet s’appuie sur une communication subliminale qui amène les parties prenantes à dépasser leurs égoïsmes et petites guerres locales. Dans ce cas, le projet est présenté en tant que réponse à un défi existentiel, à une situation d’urgence, de manière à ce que leur collaboration et contribution au projet leur apparaissent incontournables. Les intérêts particuliers sont transcendés au profit du bien commun. Pour être efficace, cette stratégie doit supporter un projet objectivement existentiel.
  • Capitulation : la direction du projet renonce au projet, en tout cas dans l’immédiat. Si le projet contribue à la résilience et à l’intérêt général, cette stratégie n’est envisageable que dans le cas où laisser un peu de temps au temps permet aux parties prenantes de prendre conscience de la nécessité du projet (la canicule de l’été dernier aura permis à des millions de français de prendre conscience de l’urgence climatique).

Dans l’ensemble, mieux vaut éviter de capituler. Pour le reste, le déploiement des autres stratégies sera fonction du rapport de force entre les parties prenantes et donc de la cartographie des parties prenantes.

Mobiliser l’intelligence collective – Impliquer les parties prenantes

Une fois convaincu de la légitimité objective de votre projet, reste à élaborer et déployer une stratégie de conduite du changement permettant de susciter l’adhésion d’un maximum de parties prenantes.

Pour chaque partie prenantes, plusieurs possibilités :

  • Black-out. La partie prenante n’est pas même informée du projet. « La caravane passe ». Évidemment, cette stratégie n’est recommandable que dans de rares cas.
  • Information (persuasive). Le projet est « vendu » en l’état à la partie prenante à force de communication et de pédagogie. Attention les gens sont de moins en moins crédules et les slogans du type « cette réforme des retraites est faite pour vous » peuvent générer un sentiment de mépris.
  • Consultation : La partie prenante est invitée à s’exprimer sur le projet, à formuler ses attentes, voire des propositions. La direction du projet se réserve le droit de prendre en compte ou pas l’expression de la partie prenante.
  • Concertation/Négociation/Coproduction : La partie prenante est associée à la conception du projet et à toute ou partie des validations.
  • Délégation : La direction du projet délègue une partie du projet (une fonction, un lot de travaux) à la partie prenante. Par exemple, les futurs occupants d’une résidence disposent d’un budget pour décider de l’aménagement des espaces verts.

Sachant que plus une partie prenante se sent associée au projet, plus elle est susceptible d’y adhérer et de s’approprier sa concrétisation (le ou les livrables, qu’il s’agisse d’un tram-bus, d’un espace vert,..), sauf cas particulier, nous recommandons d’opter pour un processus extrêmement participatif :

  • Organisation d’un évènement de pure convivialité qui mobilise l’ensemble des usagers/bénéficiaires du projet. Cette première étape peut surprendre. Elle est pourtant essentielle car elle permet de :
    • Créer un climat propice au dialogue entre les parties prenantes
    • Susciter un état d’esprit constructif et d’écoute active
    • Favoriser les candidatures au conseil citoyen (ou équivalent) à mettre en place
    • Rapprocher, recréer du lien social au sein de la population
  • Diffusion enquête par questionnaire « Votre perception de l’avenir – Votre qualité de vie » et restitution/discussion publique de ses résultats. Cette enquête permet une prise de conscience partagée de la nécessité d’intelligence collective (donc de solidarité) dans un contexte de crise transformation systémique
  • Constitution et animation d’un Conseil citoyen qui sera mandaté pour concevoir (en s’appuyant sur un éco système d’experts) les fonctionnalités du livrable
  • Si besoin création de cercles thématiques (instances permettant aux habitants d’exprimer leurs attentes, craintes et propositions sur une dimension (une fonction, un sous système) du projet et ainsi d’alimenter la réflexion du Conseil citoyen

Plus de détail sur Agorapolis

En conclusion : Susciter l’adhésion à un projet requière dans un premier temps de s’interroger sur la recevabilité climatique et sociale du projet, puis de se donner les moyens (donc le temps) d’une participation aussi large que possible des parties prenantes au projet.

Good night and good luck.

Les territoires à énergie positive

Le concept de « communauté énergétique locale » apparaît dans les projets de directives européennes de novembre 2016 (dit « Clean Energy Package ») alors que la loi relative à la transition énergétique d’août 2015 a posé le principe du développement de « territoires à énergie positive » et a permis d’organiser, à titre expérimental, sur des portions de réseau, des services locaux de flexibilité et a entendu faciliter le déploiement de réseaux électriques intelligents. Les collectivités territoriales se voient attribuer un rôle plus important dans le choix et la gestion de leur mix énergétique. En 2017, des décrets ont ouvert aux réseaux fermés de distribution et à l’autoconsommation collective la possibilité de se développer.

Alors finalement, de quoi s’agit-il ?

Définition institutionnelle : Les territoires à énergie positive pour la croissance verte, lauréats de l’appel à initiatives du même nom lancé par le ministère de l’environnement en 2014, sont des territoires considérés comme territoires d’excellence de la transition énergétique et écologique.

En l’absence d’indicateurs d’efficacité officiels et afin d’éviter le risque de greenwashing, l’association EdEn propose 4 axes permettant à un territoire qui souhaiterait s’engager sur la voie de la résilience énergétique de pouvoir structurer son action.

  • Les émissions de GES, qui constituent un critère primordial et fédérateur entre les différentes formes d’énergie et entre production et utilisation. Le bilan carbone du territoire doit bien entendu intégrer les siennes propres, mais également celles qu’elles évitent ou occasionnent pour la collectivité au niveau national. Des méthodes existent pour cela qui pourraient être reprises.
  • L’efficacité énergétique, en commençant par celle des bâtiments et en incluant celles des autres installations dès lors que des méthodes d’évaluation sont disponibles, de façon à prendre en compte les synergies à développer pour profiter du foisonnement des usages et synchroniser consommation et production locales.
  • Le ratio d’autosuffisance, avec un critère mesurant à la fois la capacité du territoire à faire face à des incidents de toute nature et son autonomie vis-à-vis du système central. La taille des « cordons ombilicaux » reliant le territoire à son environnement serait en ce sens un bon indicateur. Pour l’électricité, il s’agirait de la puissance garantie souscrite auprès du réseau rapportée à la puissance usuellement nécessaire.
  • La soutenabilité économique pour ses occupants. Ce critère devrait intégrer le coût énergétique complet, le niveau de garantie d’approvisionnement, la qualité du courant…

Plus de précisions sur le site de l’EdEn

2023 : Une année déterminante

(Comment passer l’hiver… et les saisons suivantes ?)

Quitte à finir Cassandre, ayons le courage d’affronter la réalité en face pour mieux agir !

Le monde et la France qui en fait partie sont confrontés à un cocktail dont voici les composants :

  • Un tsunami climatique : Le dérèglement climatique n’est plus une hypothèse mais une réalité universellement observable. Malheureusement, cette prise de conscience arrive bien tard (après des décennies de greenwashing) alors que l’ombre de la vague nous surplombe déjà. Ainsi, quand bien même, l’humanité atteindrait demain la neutralité carbone (ce qui est loin d’être le cas), nous devons -inertie climatique oblige- nous préparer à une multiplication des accidents : canicules, inondations, feux de forêts, ouragans, famines, …. Et pourtant face à la montée du péril et de l’éco anxiété, il faut nous garder de sombrer dans le fatalisme et le chacun pour soi.
  • Une récession économique structurelle : Indépendamment des impacts financiers du réchauffement climatique (coût des réparations, dédommagement des victimes, arrêt des activités les plus écocides qui pèseront lourdement sur les finances publiques), l’économie mondiale après 50 ans de traitement libéral était déjà malade :
  • Complexification kafkaïenne de la mondialisation (ex : le cabillaud péché en mer du nord, transformé en Chine pour être vendu en surgelé à Fécamp)
  • Privatisation/Paupérisation des services publics et des biens communs : transport, énergie, santé, péages,
  • Culte de la réussite économique individuelle et de l’accumulation de richesses au détriment de la solidarité, du partage et de la sobriété
  • Endettement massif des états et des ménages (véritable épée de Damoclès)
  • Ubérisation, précarisation du travail et dumping social
  • Marchandisation de tout et de son contraire en dehors de toute éthique (Winamax : on est là pour gagner !)
  • Explosion des écarts de revenus et des inégalités de traitement
  • Laissez faire législatif des états (optimisation fiscale, concentration du capital et des entreprises, captation des ressources naturelles) au profit des plus argentés et de leurs lobbies
  • Au total une économie de prédation qui -tel un canard sans tête- court après un taux de croissance infini et un plein emploi de bullshits jobs dans une planète aux ressources limitées.
  • A ces deux périls déjà documentés, s’ajoutent d’autres risques :
  • Krach financier : Éclatement des bulles spéculatives (notamment immobilière), effondrement (en cours) des cryptomonnaies, des valeurs technologiques, notamment
  • Nouvelles pandémies probables du fait de la déforestation et du dégel du permafrost
  • Éclatement de conflits armés : Russie-Otan, États unis-Chine, notamment

Tout ceci sur un fond de fracturation sociale et démocratique

La tectonique des foules.

Depuis 1995, la fracture sociale dénoncée par Jacques Chirac n’a cessé de se creuser et sur à peu près tous les sujets, le combat a remplacé le débat.

(*) L’immigration, le partage de l’eau, la vaccination, la chasse, le nucléaire, la limitation de vitesse

Ainsi, on assiste à la montée des tensions entre les individus encouragés en cela par des profiteurs de crise :

  • Les Révoltés : Ceux qui n’en peuvent plus et risquent d’exploser violemment et/ou de s’affranchir des lois de la république : gilets jaunes, jeunes, agriculteurs, zadistes, indignés, scientist rebellion, …
  • Les Égoïstes : Ceux qui -pour conserver leur emploi et préserver leur cellule familiale- font profil bas et sont prêts à soutenir l’inacceptable : interdiction/répression des manifestations, prolongement infini de l’état d’urgence, expulsion, surveillance et contrôle social resserés, … Ils ne sont pas forcément dupes mais ils laissent faire en pensant échapper aux mailles du filet
  • Les Psychotés : Ceux qui sombrent dans la psychose, dans l’hystérie sanitaire et sécuritaire (« l’autre » est vécu comme un transmetteur de virus ou un terroriste) et exigent toujours plus de mesures barrières
  • Les Fondamentalistes : Ceux qui -consciemment ou non- profitent de la crise pour revendiquer le retour à un ordre ancien (travail-famille-patrie, religion, traditions, autorité musclée, anti IVG, ..)
  • Les Seigneurs : Les quelques privilégiés qui surfent sur les malheurs, les angoisses et les violences. Ils se recrutent parmi les élites politico économiques
  • Les Sages : Ceux qui restent lucides et critiques sur les évènements actuels et à venir

Les tensions à l’œuvre – Les secousses à venir

  • Les Psychotés et les Égoïstes partagent la même peur du désordre, de l’incertitude du changement. Ils adoptent a priori une attitude défensive (auto protectrice)
  • A priori offensifs, les Révoltés et les Sages en appellent à un monde nouveau : plus juste et plus humain :
  • Les uns sont ou seront dans l’action (les jambes)
  • Les autres sont dans le verbe. Ils proposent (la tête)
  • Offensifs et défensifs risquent de s’affronter car leurs aspirations sont a priori antagonistes
  • Les Seigneurs et les Fondamentalistes cherchent à tirer les ficelles, à exploiter les faiblesses des autres. Les Fondamentalistes authentiques sont dans une attitude offensive (attaque du système libéral actuel)

Un gouvernement largement discrédité

Dans ce contexte de montée des périls externes et internes, le pays aurait besoin d’un gouvernement éclairé (porteur d’une vision stratégique) et garant d’une respiration démocratique. Au lieu de cela, les Français doivent se contenter d’un pouvoir qu’ils jugent :

  • Aveugle (aucun projet de société porteur de sens) mais une succession de mesures contracycliques, de promesses non tenues (ex : l’isolation des logements) et de mesurettes (baisser la climatisation d’un degré)
  • Autiste (qui n’écoute pas la rue ni les élus, ni les corps intermédiaires, ni les scientifiques, ni les soignants, ni…)
  • Autoritaire (qui passe en force, réprime et stigmatise)
  • Mal attentionné (qui s’acharne à privilégier l’intérêt des lobbies économiques, des plus fortunés au détriment de la planète et de la population)

Perspectives à très court terme : Le risque d’effondrement social et démocratique

Devant nous 3 scénarios délétères déjà à l’œuvre et qui peuvent se cumuler :

  • L’embrasement (l’explosion sociale)
  • La balkanisation (l’implosion sociale)
  • La dictature (durcissement démocratique)

Description du scénario d’embrasement (l’explosion sociale)

  • La crise économique et climatique ou un évènement symbolique (violence policière, suicide d’un soignant, d’un étudiant,  ..) pousse à l’action les « révoltés » (écologistes de terrain, anticapitalistes, déclassés, salariés, …) suivi par une partie de la population
  • Les Égoïstes et les Psychotés réclament de la fermeté et 0 impunité pour pouvoir aller travailler et promener leurs enfants en toute tranquillité
  • Le gouvernement s’empresse de répondre à cette demande
  • L’engrenage de la violence-répression s’enclenche
  • Les Seigneurs et les Fondamentalistes cherchent à instrumentaliser les forces en présence
  • La suite est à imaginer

Description du scénario de balkanisation (l’implosion sociale)

  • L’inaction du gouvernement (à lutter contre le réchauffement climatique, la pauvreté et l’injustice) pousse une partie de la population à vivre en marge de la société ; c’est-à-dire à se constituer en communautés (ZAD, sectes, Amish, bandes de quartier, ..), à vivre dans la clandestinité et la débrouille. La France périphérique disparaît complètement des radars.
  • Les Souverains exploitent, instrumentalisent et flattent les Égoïstes et les Psychotés
  • Les Fondamentalistes partent à la conquête du pouvoir
  • La suite est à imaginer

Description du scénario de durcissement démocratique (dictature) :

  • Un attentat (ou un fait divers dramatique) pousse notamment les Psychotés et les Égoïstes à manifester leur raz le bol de la « chienlit » et à exiger une extrême fermeté pour pouvoir aller travailler et promener leurs enfants en toute tranquillité
  • Le gouvernement s’empresse de répondre à cette revendication en renforçant les mesures liberticides
  • La suite est à imaginer

L’urgence : Refaire société – Mobiliser l’intelligence collective avant qu’il ne soit trop tard

Toute analogie historique est risquée et pourtant comme en 1789, la distribution de pain (prime Macron, remise à la pompe, .. ) et le déploiement d’artifices démocratiques (grand débat, convention citoyenne pour le climat, Ségur de la santé, ..) ne suffiront pas à calmer la colère accumulée. Les mesurettes ne semblent plus à la mesure de la gravité de la situation climatique, économique, sociale et démocratique. Il est urgent d’opérer un changement radical de gouvernance afin d’éviter le pire.

Il s’agit de refaire société en commençant par faire appel à l’intelligence collective de tous sans exception dans un cadre organisationnel garantissant le débat démocratique (évitons nous la terreur blanche et/ou le retour de la monarchie). Ce cadre doit permettre d’éclairer, de mobiliser et de rapprocher les citoyens.

  • Éclairer-Comprendre. Il s’agit d’éclairer les points de vue en apportant une vision globale (systémique), finalisée (stratégique) et objective (scientifique) des évènements (économiques, technologiques, sociaux, politiques, climatiques…).
  • Rapprocher-Coopérer. Il s’agit de créer les conditions d’un dialogue sincère et constructif entre les acteurs ; de rapprocher et de faciliter la prise de décisions collectives ; de sublimer les égoïsmes et traditionnels clivages.
  • Mobiliser-Agir. Il s’agit de déclencher l’engagement, le passage à l’action en proposant une démarche résolument opérationnelle et motivante.

Principes d’actions : Afin de faire face à toutes les difficultés qui se présentent au pays, il paraît indispensable d’activer deux leviers :

  • Convoquer des « états généraux » pour garantir les droits de l’homme et de la planète.
  • Organiser partout sur le territoire des cercles/ateliers locaux permettant le débat constructif et la recherche action sur tous les thèmes (alimentation, sécurité, mobilité, … )

Ces principes pourraient se concrétiser à toutes les échelles : nationale, régionale, départementale et bien sûr locale (communes et EPCI)

A suivre La posture des élus locaux face au dérèglement mondial.

Vous avez dit « Plein emploi » ?

Dans l’abécédaire du personnel politique (de gauche comme de droite), la promesse de plein emploi (et de création d’emplois) occupe une place privilégiée ; une sorte de graal.

Or, en ce début de récession (subie) ou de décroissance (choisie), il est utile de s’interroger sur la portée symbolique mais surtout économique de cette notion de plein emploi.

La portée symbolique. Ce qui est sous-entendu (en tout cas ce qui est souvent entendus par les électeurs).

Pour prolonger la saillie de Coluche « A la télé ils disent tous les jours : « Y a trois millions de personnes qui veulent du travail. » C’est pas vrai : de l’argent leur suffirait. », rappelons que l’enjeu n’est pas d’occuper les individus mais de leur permettre de vivre dignement de leur travail. Il s’agit donc de s’assurer que cette promesse de plein emploi se traduit effectivement par une réalité sociale et économique. Alors, qu’en est-il vraiment ?

La portée économique. Ce qui est rarement dit mais se constate.

Rappelons qu’un emploi se caractérise par :

  • Sa qualité qui comprend la nature des tâches et des responsabilités proposées mais aussi le sens de ce travail (utilité pour la société et aux yeux de l’intéressé). L’honnêteté impose donc de s’interroger sur la valeur économique de cette multitude de bullshits jobs, d’emplois peu qualifiés ou écocides. Ceci d’autant plus que sobriété oblige, il va nous falloir dans les prochaines années nous concentrer sur les productions/consommations les plus essentielles.
  • Les conditions d’exercice de ce travail. Un emploi pénible (des horaires décalés/fragmentés/imposés, une charge de travail physiquement et/ou mentalement épuisante) ou précaire abime (santé et espérance de vie) l’individu et lui rend difficile au quotidien l’accès au logement, à la culture, à la socialisation d’une manière générale.
  • Le niveau de rémunération. Un travail digne, c’est bien sûr un travail qui rémunère correctement celui qui l’exerce. Or, on observe un grand nombre de travailleurs pauvres (*) ; certaines personnes pouvant aujourd’hui cumuler 2 ou 3 emplois simultanément pour « s’en sortir ».

Ainsi, un plein emploi conquis à force d’emplois précaires, peu qualifiés, mal rémunérés et sans valeur ajoutée sociétale relèverait de la supercherie car le véritable enjeu est d’offrir à tous la possibilité de vivre dignement de son travail.

Encore faudrait-il ajouter sur le plan quantitatif toutes ces personnes sortis des chiffres du chômage (stagiaires, demandeurs d’emplois radiés, travailleurs à temps très partiel et toutes ces personnes découragées de rechercher un emploi) pour constater que nous sommes très loin du plein emploi.

Aujourd’hui, dans une société qui doit faire le choix de la sobriété, le défi est double :

  • Identifier et concentrer l’économie sur des emplois et des activités réellement utiles à la société
  • Concevoir et organiser les conditions de travail et de rémunération permettant à tous d’être pleinement associé à la vie de la cité

Il s’agit d’engager ensemble et sans tabous cette réflexion d’ensemble sur le travail : revenu universel, TZCLD, coopératives et groupements de salariés, partage du travail, …

Compliquée à mettre en œuvre à l’échelle nationale, cette mobilisation de l’intelligence collective prend tout son sens à l’échelle locale.

(*) En 2018, en Occitanie, 20 % des travailleurs retirent de leur activité moins de 1 063 euros par mois. Insee

Qualité de vie

Notion extrêmement complexe que la « Qualité de vie ». Et pourtant. On peut considérer qu’elle est la production de 11 facteurs (ou processus) complémentaires :

Alors, une projet, une réalisation à partager ? Utilisez la zone de commentaires pour nous en parler. Idéalement, collez un hyperlien qui pointe vers cette initiative.

Sans tomber dans l’utopie de vouloir produire des puces de smart phones dans chaque commune de France, il s’agit de mettre fin aux aberrations coûteuses en empreinte carbone et en souveraineté : importer des masques, manger de la viande française transformée en Chine (ou l’inverse), etc.

En la matière, les EPCI ne doivent pas se contenter de laisser faire le « marché » mais au contraire :

  • Identifier les importations qui pourraient/devraient être évitées
  • Soutenir (promotion, financement et apport d’expertise) tous les projets et initiatives contribuant à renforcer l’autonomie du territoire (alimentaire, énergétique, filière de la réparation, notamment)
  • Organiser des campagnes de sensibilisation à la nécessité de privilégier une consommation responsable (modérée et privilégiant les produits locaux)
  • Mettre en place et développer l’usage de monnaies locales

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Défis extrêmement polysémiques, la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de bio diversité supposent de conjuguer :

  • La mobilisation de tous (le collectif) et de chacun
  • L’identification, la conception et la diffusion de solutions opérationnelles
  • Le dépassement des égoïsmes, du Nimby

Heureusement, des solutions existent déjà :

  • Consommation éclairée (réfléchie et responsable)
  • Economie circulaire
  • Prévention (responsabiliser les comportements plutôt que de construire des « garde fous »)

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