Libérer, tolérer pour responsabiliser

« La liberté, ça n’est pas de faire ce que l’on veut, mais c’est de vouloir ce que l’on fait ». Bossuet
Nous entrons dans une période de forte incertitude et d’instabilité. Or, plus un individu se retrouve dans des situations imprévues, plus il doit faire preuve d’intelligence situationnelle : Analyser, comprendre, évaluer les attitudes possibles, décider de ce qui lui semble être la meilleure solution.
Malheureusement, depuis plusieurs années, les règlements, interdits et admonestations se multiplient jusqu’à l’absurde : Interdiction de rouler à bicyclette ou de laisser son chien sans laisse dans un parc désert ; interdiction de sortir de chez soi après 18h mais obligation d’aller travailler le lendemain.
Aujourd’hui, après des années d’infantilisation (notamment les deux années de doctrine sanitaire qui nous ont été infligées), nombre de français adoptent des comportements de zombis appliquant avec plus ou moins de zèle des règlements parfois humiliants souvent inadaptés.
Certains par peur du gendarme, d’autres pour s’accrocher à un semblant d’ordre. Dans les 2 cas, point d’intelligence à l’horizon.
Pire pendant la pandémie, certains de nos compatriotes sont allés jusqu’à dénoncer un voisin qui sortait son chien pendant le couvre-feu pendant que d’autres n’hésitaient pas à s’ériger en ayatollah du masque (faute de foulard
Aujourd’hui, une partie de la population sans doute en perte de repères, revendique le retour à des règles vieillottes, à un ordre rance (se lever lorsque l’instituteur rentre et chanter la Marseillaise (ou l’Ave Maria) devant le portrait de l’être suprême (ou de la vierge).
La montée des intolérances :
- Faute d’être heureux, certains s’échinent à faire le malheur des autres. Que dire de tous ces aigris/égoïstes qui appellent la police lorsqu’un voisin fête son anniversaire après 22h ou qu’il entreprend des travaux de rénovation 2 samedis de suite.
- Ou de ceux qui intentent un procès à leur voisin pour obtenir qu’il abatte le magnifique cerisier qui leur fait ombrage ; qui exigent de la mairie qu’elle interdise à la cloche de sonner, au coq de chanter
Pourtant, à jouer aux applicateurs zélés de règles hors sol, à vouloir tout interdire s’enclenche une spirale régressive et dommageable pour le vivre ensemble. Plutôt que de chercher à interdire tout à son voisin, il faudrait plutôt se poser la question « En quoi, puis je lui faciliter la vie ? »
Soyons clair. Pour fonctionner, une société humaine a besoin d’un minimum de règles (normes sociales) mais l’empilement de règles tue les libertés individuelles et finit pas aliéner. Le vivre ensemble devient alors une souffrance.
Il est urgent de faire appel à l’esprit de responsabilité et à l’intelligence situationnelle plutôt qu’à l’accumulation d’interdits et de réglementations.
Dans leur immense majorité, les Français sont responsables et raisonnables à la ville comme aux champs. Alors pourquoi toujours leur faire payer le comportement d’une minorité ? Une démocratie adulte miserait sur l’esprit de responsabilité ; quitte à sanctionner a posteriori les quelques irresponsables.
Règle fondamentale : Responsabiliser un individu puisqu’il s’agit bien de cela, suppose de lui laisser le choix d’appliquer ou non la règle. Libérer pour responsabiliser.
Encore un fois, la doctrine sanitaire, policière et judiciaire appliquée durant la pandémie nous a fourni l’exacte contraire de ce qui aurait permis aux français de se sentir responsable.
Le slogan publicitaire martelait à longueur de journée « Tous responsable ». Mais en vérité, il fallait comprendre : « Ne réfléchis pas, ne juge pas…. Tais-toi et obéis »
Pour faire face à l’avenir, il est urgent de :
- Réapprendre aux gens à analyser, évaluer les situations
- Valoriser l’initiative individuelle
- Alléger les règlements
C’est si bon de voir un chien se promener sans laisse dans un parc désert 🙂
À voir. Le film « Je suis une légende » (2007) réalisé par Francis Lawrence
Le conseil de grand-mères : Faites preuve de tolérance. Arrêtez d’appliquer des règlements qui vous semblent inappropriés à la situation que vous vivez. « Liberté, égalité, fraternité » s’affichent sur le fronton de nos mairies mais pas « obéissance » qui relève de l’Ancien régime. Soyez un roseau pensant !
Good night and good luck
Créon – Un monde d'avenir 

