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Vous avez dit « Plein emploi » ?

Dans l’abécédaire du personnel politique (de gauche comme de droite), la promesse de plein emploi (et de création d’emplois) occupe une place privilégiée ; une sorte de graal.

Or, en ce début de récession (subie) ou de décroissance (choisie), il est utile de s’interroger sur la portée symbolique mais surtout économique de cette notion de plein emploi.

La portée symbolique. Ce qui est sous-entendu (en tout cas ce qui est souvent entendus par les électeurs).

Pour prolonger la saillie de Coluche « A la télé ils disent tous les jours : « Y a trois millions de personnes qui veulent du travail. » C’est pas vrai : de l’argent leur suffirait. », rappelons que l’enjeu n’est pas d’occuper les individus mais de leur permettre de vivre dignement de leur travail. Il s’agit donc de s’assurer que cette promesse de plein emploi se traduit effectivement par une réalité sociale et économique. Alors, qu’en est-il vraiment ?

La portée économique. Ce qui est rarement dit mais se constate.

Rappelons qu’un emploi se caractérise par :

Ainsi, un plein emploi conquis à force d’emplois précaires, peu qualifiés, mal rémunérés et sans valeur ajoutée sociétale relèverait de la supercherie car le véritable enjeu est d’offrir à tous la possibilité de vivre dignement de son travail.

Encore faudrait-il ajouter sur le plan quantitatif toutes ces personnes sortis des chiffres du chômage (stagiaires, demandeurs d’emplois radiés, travailleurs à temps très partiel et toutes ces personnes découragées de rechercher un emploi) pour constater que nous sommes très loin du plein emploi.

Aujourd’hui, dans une société qui doit faire le choix de la sobriété, le défi est double :

Il s’agit d’engager ensemble et sans tabous cette réflexion d’ensemble sur le travail : revenu universel, TZCLD, coopératives et groupements de salariés, partage du travail, …

Compliquée à mettre en œuvre à l’échelle nationale, cette mobilisation de l’intelligence collective prend tout son sens à l’échelle locale.

(*) En 2018, en Occitanie, 20 % des travailleurs retirent de leur activité moins de 1 063 euros par mois. Insee

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